Mercredi, 22 février 2017

Un voilier permet aux jeunes de partir à la conquête du grand large

Samedi 17 juillet 2010

NAVIGATION - Grâce à une association genevoise, un ancien navire de guerre accueille des projets scientifiques et socio-éducatifs à son bord.

Depuis une année, un voilier nommé Fleur de Passion écume les mers en battant pavillon suisse. C'était un navire de guerre de 33 mètres destiné à poser des mines, mais l'association Pacifique en a fait un surprenant lieu de rencontre.
A bord de ce bateau cohabitent des personnes de tous horizons, du bourlingueur au biologiste marin, en passant par des gymnasiens, des personnes handicapées ou des jeunes en difficulté. Contrairement à d'autres projets du même type, le navire n'est ainsi pas réservé à des activités scientifiques ou à des projets socio-éducatifs. Samuel Gardaz est membre de l'association Pacifique. Il explique le but visé par son organisation. «L'idée, c'est de créer des passerelles entre différents publics pour qu'ils progressent ensemble. Les activités ne sont pas cloisonnées.»
Depuis l'été 2009, de nombreuses associations ont pu profiter de ce bateau. Des jeunes de l'Atelier ABC (ceux-là mêmes qui travaillent sur le Bateau-Lavoir, sous le pont de la Coulouvrenière) et du foyer de la Servette ont participé aux rénovations du voilier et sont ensuite partis naviguer. La fondation Trajets y a aussi placé des personnes souffrant de troubles psychiques. Prochainement, ce sont des pensionnaires de la Clairière, une prison pour mineurs, qui devraient bénéficier d'un voyage de quelques jours en mer. Une expédition inspirée par le juge des mineurs, comme l'explique Samuel Gardaz. «Il nous a fait remarquer que le législateur préconise les mesures alternatives à l'internement pour les jeunes condamnés. L'exemple de l'embarquement sur un bateau est cité dans la loi, que nous avons prise à la lettre.»
Tous ceux qui s'embarquent sur le Fleur de Passion sont considérés comme des équipiers. A ce titre, chacun aide au bon fonctionnement du bateau, quel que soit son milieu d'origine. Leily, une gymnasienne lausannoise à peine rentrée d'un voyage en mer Baltique, décrit la vie à bord. «On participe à tout, les études scientifiques, la cuisine et le ménage. Il a fallu apprendre le vocabulaire marin, comment diriger le bateau, hisser une voile ou utiliser un compas.» En une semaine, Leily et ses camarades ont aussi découvert les maux dont souffre la mer Baltique, l'une des plus polluées au monde. Des scientifiques de la fondation Antinea les ont sensibilisés aux problèmes environnementaux. Par ces échanges, l'association Pacifique souhaite contribuer à la protection des océans.
La jeune fille s'est en outre frottée aux contraintes de la vie en communauté. «Nous étions quatorze sur le bateau. Il fallait cohabiter, prendre certaines responsabilités et pouvoir compter les uns sur les autres.» Une expérience «vraiment exceptionnelle» à son goût. Et elle n'est pas la seule; d'autres passagers se sont trouvé une âme de marin. «Avec les gens de la fondation Trajets, nous avons navigué entre Brest et Calais. Une des participantes a pris un plaisir immense à manoeuvrer le voilier et elle s'est découvert cette passion», se réjouit Jean-Pierre Tabary, chargé de la communication.
Le Fleur de Passion porte bien son nom et ne laisse personne indifférent, s'enthousiasme Samuel Gardaz. «Lorsque les gens le voient, ils tombent sous son charme. Il a une histoire bien à lui, une âme, et cela se sent. Tout y marche à l'énergie et à la foi, avec un brin de folie.» I

En lien avec cet article: 

«Fleur de Passion» accoste en Australie

L'expédition «Fleur de Passion» de l'ONG genevoise Fondation Pacifique a amarré vendredi son navire à Brisbane, en Australie. Premier projet sur place: mesurer les dégâts environnementaux sur une portion de la grande barrière de corail, qui n’a pas encore été étudiée. Le voilier historique suisse est arrivé à Brisbane au terme d’une traversée du Pacifique de sept mois. ...
Vous devez être loggé pour poster des commentaires