Samedi, 18 novembre 2017

Pourquoi «Le Courrier» accepte aussi les publicités de l’UDC

Vendredi 30 octobre 2015
Comme il le fait à intervalles réguliers (ici en 2012 sur notre photo lors de la journée consacrée à la problématique de la dette), Le Courrier ouvre le débat avec ses lecteurs sur une question complexe: faut-il censurer les pubs de l’UDC?
JEAN-PATRICK-DI SILVESTRO

À NOS LECTEURS • «Pourquoi ouvrez-vous vos pages au marketing de ce parti qui a déjà bien assez de visibilité ailleurs?»; «J’avoue ma perplexité et me demande désormais sincèrement si je ne ferais pas mieux de m’abonner à Minute.» A l’instar de ces deux réactions, la publication de deux encarts publicitaires de l’UDC dans Le Courrier avant les élections fédérales du 18 octobre a suscité malaise et incompréhension, voire colère, de la part de certain.e.s de nos lectrices et lecteurs. Avec, à la clef, des posts enflammés sur Facebook et Twitter. Et trois désabonnements.

Nous avons mené le débat au sein du journal sur cette question récurrente. Il nous a incité à expliquer plus en détail notre politique en matière de publicité et notre position par rapport aux réticences légitimes que celle-ci peut engendrer.

En octobre, deux encarts publicitaires pour le parti agrarien ont donc paru dans Le Courrier. Le premier figurait dans notre numéro spécial consacré à la migration au côté de sept pages consacrées au refuge et à la déconstruction du discours anti-étrangers qui s’est développé dans notre pays.

Des lecteurs – mais aussi des membres de l’équipe du Courrier – en ont été choqués. Nous respectons cette réaction et la comprenons d’autant mieux qu’elle découle du lien si particulier qui nous lie à notre lectorat et que nous entendons bien continuer à cultiver. Nous savons que celui-ci ne cherche pas uniquement des informations dans notre journal, mais adhère aussi à un projet et à des valeurs. Nos lecteurs attendent de nous que nous soyons exemplaires dans nos articles, et pour certains d’entre eux, jusque dans nos publicités.

Une explication s’impose donc. La première, est aussi primordiale: entre la publicité et le rédactionnel, la paroi est étanche. Il en va des règles déontologiques de la profession et de notre crédibilité. Que l’UDC mette ou non de la publicité dans nos pages ne modifie en rien notre ligne rédactionnelle. La meilleure preuve en est que l’UDC a précisément été épinglée dans l’éditorial qui accompagnait le dossier spécial migrations. Et nos lecteurs n’ont sans doute pas le souvenir d’avoir lu dans Le Courrier des positions complaisantes au sujet de ce parti.

A noter que ces encarts n’étaient pas une nouveauté puisque l’UDC en avait déjà publié dans nos pages au cours de la dernière décennie. La réaction viscérale de nos lecteurs est peut-être aussi liée à l’actuelle période de triomphe populiste.

Quoi qu’il en soit, notre politique en matière de publicité est constante et ne déroge pas à deux principes: nous acceptons les annonces publicitaires tant qu’elles n’enfreignent pas la loi ou ne s’attaquent pas à la dignité humaine. En l’occurrence, tel n’était pas le cas de ces encarts. Nous avons déjà par le passé refusé certaines annonces véhiculant des stéréotypes racistes. De la même façon, sans doute aurions-nous refusé les annonces udécistes avec les moutons noirs. Ou celles de la section valaisanne, clairement islamophobes.
 
Part de la publicité
Mais il nous faut aussi lever un malentendu. Oui, nous acceptons la publicité. Ce que nous refusons en revanche, c’est que celle-ci mette en danger notre indépendance en jouant par exemple un rôle si important que son retrait (simple recul conjoncturel ou pression d’un annonceur) mettrait gravement en danger notre existence.

De fait, et contrairement aux autres journaux, Le Courrier vit essentiellement par et pour ses abonnés. Plus de 70% de nos revenus proviennent de nos lecteurs et seulement 15% de la publicité. Et cette publicité émane en grande partie d’institutions politiques et culturelles, ou d’associations.

Il n’empêche, 15%, ce n’est pas rien. Mais pour proposer un journal sans publicité, il nous faudrait bien davantage d’abonnés ou de dons car la réclame représente des rentrées financières de plus de 500 000 francs par an sur un budget de 3,8 millions de francs. La part de la publicité politique est d’environ 30 000 francs (hors année électorale). A titre de comparaison, la souscription que nous lançons chaque année nous permet de trouver quelque 300 000 francs par an. Sans la publicité, nous ne pourrions pas boucler l’année. Ou alors, la souscription devrait atteindre 800 000 francs, pour un journal sans annonces.
 
Où situer la ligne rouge?
Enfin, notre équilibre est précaire. Alors que nous avons supprimé, depuis septembre, une édition par semaine pour assurer notre survie, que nous avons demandé à tous les membres de l’équipe d’accepter de prendre une semaine de vacances supplémentaire sans solde en 2015 et que les journalistes du Courrier sont payés en dessous de la convention collective, il nous semble malvenu de refuser une source de revenu qui n’engage en rien notre ligne éditoriale.

Bien sûr, nous aurions pu choisir d’accepter toutes les publicités sauf celles de l’UDC. Quel joli coup de pub cela aurait été. Mais où placer la limite? Si nous refusons les annonces de l’UDC, pourquoi accepter celles du MCG – parti qui a d’ailleurs passé des publicités chez nous sans que cela suscite de réactions? Celles du PLR, lorsqu’il fait passer une loi anti-Roms? Où est la ligne rouge? Et comment s’y tenir? Les partis les plus éloignés des valeurs du Courrier ne se priveraient d’ailleurs pas de nous accuser de sectarisme et de nous mettre face à une contradiction: refuser des annonces, c’est aussi exercer une forme de censure démocratique – même si l’argent règne en maître dans ce domaine et que le débat en est faussé. On le voit, la question est plus complexe qu’il n’y paraît et elle se repose d’ailleurs régulièrement.

Au terme de la discussion menée ces jours, nous avons donc décidé de nous en tenir à la politique appliquée jusqu’ici. Et de continuer à nous engager pour un journalisme de qualité, qui analyse, met en perspective, déconstruit. Notamment le rôle et les agissements de l’UDC.

 
Le Courrier
Vous devez être loggé pour poster des commentaires
Portrait de heimbergch

Charles Heimberg

Je suis de ceux qui regrettent vivement la publication de ces publicités qui contribue à l'effritement du cordon sanitaire démocratique qui devrait s'imposer autour de l'extrême-droite (UDC, MCG et Lega, un même groupe parlementaire à Berne!) et des dangers qu'elle fait courir aux droits de tous et de chacun. Il est à déplorer que le journal même qui devrait promouvoir ce cordon sanitaine se complaise au contraire dans la banalisation de cette extrême-droite, y compris en utilisant aujourd'hui encore le terme de "parti agrarien" pour désigner l'UDC, ce qui n'a d'ailleurs plus aucun sens depuis la scission UDC-PBD.

Portrait de Philippe Bach

Re: Charles Heimberg

Construire un cordon sanitaire autour de l'UDC impliquerait-il de ne plus parler de ce parti? Cela me gènerait un peu comme lecteur. Je suis au contraire intéressé de savoir ce qui s'y passe, ce que demande ce parti, les moyens qu'il se donne pour faire passer ses projets. Pour le terme "agrarien", il faut bien trouver des synonymes: une fois qu'on a dit UDC, extrême droite, formation populiste ou parti blochérien, agrarien est pratique pour éviter les répétitons (et effectivement à utiliser avec parcimonie). Mais son ancrage paysan est tout sauf négligeable. Il a réussi à capitaliser ces réseaux, notamment un jouant sur leur sentiment d'abandon face au processus de libéralisation européenne. Je ne pense pas que nous banalisions l'extrême droite, nous sommes d'ailleurs un des rares titres oser utliser ce terme à propos de l'UDC. Philippe Bach

Portrait de heimbergch

Re: Charles Heimberg

Bien évidemment, la construction d'un cordon sanitaire autour de l'extrême-droite ne signifie pas qu'il ne faille pas en parler. Bien au contraire. Mais elle implique d'en parler pour ce qu'elle est, pour ce qu'elle fait, pour les dangers qu'elle fait courir aux droits humains, pour le caratère nuisible du logiciel et de l'univers mental qu'elle instille dans l'espace public par l'intermédiaire de médias qu'elle influence de plus en plus (surtout en Suissse alémanique si l'on en croit la dernière enquête Annales 2015 Qualité des médias: http://www.foeg.uzh.ch/analyse/alleanalysen/medienmitteilungjb15/Medienmitteilung_JB_2015_fr.pdf) ou qui se montrent de plus en plus complaisants, ce dont il est pour moi très important que Le Courrier continue de se démarquer. D'où mon désaccord de principe quant à la publication de ces deux publicités. Quant au terme "agrarien", je comprends bien qu'il faille des synonymes, mais tout cela n'est pas neutre. Il y a bien encore au sein de l'UDC, pour des raisons historiques, une frange conservatrice plus modérée et rurale, mais ce n'est pas celle qui oriente ce parti qui a aujourd'hui viré à l'extrême-droite, ce que montrent notamment ses récentes initiatives passées ou en cours. C'est désormais le parti de Christoph Blocher et de Roger Köppel, ce n'est plus le parti d'Adolf Ogi. Raison pour laquelle le fait de le qualifier d'agrarien me paraît relever d'une forme de banalisation.

Portrait de Philippe Bach

Re: Re: Charles Heimberg

L'analyse sur la qualité des médias met aussi un évidence les effets du processus de concentration des titres qu'il soit direct ou indirect et qui aboutit à une uniformisation du contenu des journaux. Je suis d'accord sur le fond avec votre remarque sur le caractère banalisateur d'agrarien.

Portrait de Sabine Zaalene

publicité politique, quel statut ?

La situation est regrettable non seulement pour le Courrier, mais pour toute la presse et l'affichage public. Pour commencer, pourrait-on remettre en cause le fait de considérer les annonces politiques comme de la publicité ? L'intention et l'objectif de l'annonce politique dans le cadre d'une votation n'est pas commerciale (bien que les tous-ménages de l'udc fassent massivement appel aux dons...). L'annonce politique relève plutôt d'un statut idéologique. Si les votations correspondent à des temps et des espaces de débats publics, le domaine de la presse, comme celui de l'affichage public en sont les espaces les plus importants. Pourrait-on alors prendre modèle sur le débat télévisuel où l'on accorde un même temps de paroles à chaque parti et répartir de façon égalitaire l'annonce politique dans la presse et l'affichage public ? On s'épargnerait (et le verbe n'est pas trop fort...) beaucoup de propagande udc en espérant ouvrir plus d'espaces de débats, de critiques constructives sur la société et l'enjeu du vivre-ensemble. Une remise en cause du statut de la publicité politique semble aujourd'hui nécessaire face à la propagande massive de l'udc. Et la remise en cause du statut publicitaire en tant que tel connait aussi un modèle, réalisé non sans mal, dans les domaines de l'alcool et de la cigarette. Pourrait-on donc ainsi réagir face à l'excès de propagande udc qui nuit à la santé du débat public ?

Portrait de Philippe Bach

Re: publicité politique, quel statut ?

Forger un tel cadre impliquerait sans doute un travail legislatif relativement complexe. Et une interdiction de la publicité politique serait sans doute contraire à la liberté d'expression, un droit fondamental, tout de même, ancré dans la constitution et dans toute une série de textes fondamentaux. Nous tentons, au niveau rédactionnel, de respecter une certaine équité entre les diverses forces et de donner aux citoyen-ne-s les moyens de se forger leur propre opinion. Pour les publicités de l'UDC -Le Courrier en a publié 2-, on ne peut pas dire que nous ayons été envahis. Philippe Bach

Portrait de Sabine Zaalene

Re: Re: publicité politique, quel statut ?

Merci pour votre attention. Dans ma question, il ne s'agit pas d'interdire, mais d'équilibrer la visibilité des partis, comme énoncé.

Portrait de Philippe Bach

Re: Re: Re: publicité politique, quel statut ?

Effectivement. Ce souci existe au niveau de l'affichage publique sur les panneaux officiels où l'égalité est de mise. Si l'on instaurait des espèces des quotas par journaux, cela pourrait supposer un mécanisme d'aide à la presse pour garantir un accès équivalent à tous les partis. Le Courrier défend ce principe qui est fréquent dans d'autres pays. Mais nous sommes un peu seul sur ce dossier.

Portrait de clercbern

Publicité politique

Je suis assez surpris de constater à quel point les lecteurs du Courrier ne semblent pas se rendre compte de la réalité économique dans laquelle se débat le journal avec un déficit structurel de plus de 300'000.- frs. Accepter la publicité de l'UDC ne me gêne pas du tout. Le rendement de cette annonce dans le Courrier est sans aucun doute nul. Ce qui est fondamental c'est la ligne éditoriale du journal et celle-ci n'en est pas affectée. Je trouve extraordinaire de se désabonner du Courrier à cause d'une annonce (comme d'autres le font pour un article qui ne leur plait pas...) pour lire quoi? La Tribune? Le Matin? journaux dans lesquels outre les annonces de l'UDC on trouvera de la Pub pour des bagnoles, pour l'UBS, des annonces de cul....  Continuons à ergoter sur des points de détails et lorsque le Courrier sera mort il sera trop tard pour pleurer sur le monopole de la presse de Tamedia et de Ringier. Et toi Charles tu plaisantes je pense lorsque tu parles de cordon sanitaire autour d'un parti qui fait 30% des voix au niveau national!

Bernard Clerc

Portrait de Philippe Bach

Re: Publicité politique

Oui, les réflexes de marché sont parfois ancrés plus profondément qu'on le croit. Et, plus qu'un cordon sanitaire autour de l'UDC, c'est bien son idéologie qu'il convient de déconstruire. D'autant plus qu'elle est aussi partagée par une partie non négligeable de ce que l'on appelle le centre droite. Vaste programme.

Portrait de heimbergch

Re: Publicité politique

Non, je ne plaisante pas du tout. Banaliser l'extrême-droite, c'est prendre le risque de contribuer à la complaisance dominante qui la renforce constamment. Considérer qu'une ligne rouge est franchie quand on stigmatise violemment une partie vulnérable de la population ou quand on s'en prend à la Convention européenne des droits de l'homme me paraît la moindre des choses pour un journal alternatif comme Le Courrier. Qui plus est, je n'ai pas ergoté "sur des points de détails" (sic), mais j'ai répondu à l'invitation de la rédaction du Courrier à un débat avec ses lecteurs. J'ai exprimé un désaccord sur la base de cette sollicitation sans jamais penser une seconde à me désabonner. Même s'il se trouve qu'une pub pour l'UDC dans Le Courrier contribue à assombrir encore un peu plus un air du temps pas très encourageant... Charles Heimberg

Portrait de Philippe Bach

Re: Re: Publicité politique

Si le Courrier a sollicité un débat c'est bien qu'il a estimé que la question le méritait. Merci donc à Charles d'allimenter cette question. Je ne crois pas que la remarque de Bernard relative aux désabonnement s'adressait à vous. Elle faisait bien davantage référence au papier que nous avons publié. Sur la question du cordon sanitaire, deux remarques: nous tentons avec nos faibles moyens de participer à la stratégie du dévoilement de la pensée de l'UDC. Nous ne le ferons pas tout seul mais bien inserré dans un mouvement social. Devrions-nous prendre l'initiative d'un tel cordon sanitaire. Cela se discute (où, comment, dans quel cadre, avec quelle aide?).  Deuxième remarque, à mon avis, cela passe aussi par un débat sur l'idéologie de gauche. En négatif, dans la mesure où cette dernière est aussi perméable à certains concepts importés de la droite populiste -je songe au discours antifrontaliers ou antiréfugiés, je viens de recevoir une lettre très sarcastiques d'une personne visiblement de gauche et qui nous accuse d'angélisme sur cette question ce qui contribuerait à saper le mouvement ouvrier- et en positif. Le recul de la gauche est aussi lié, à mon avis, à une nécessité de réinvestir certains débats fondamentaux là où nous cramponons trop -je m'inclus tout à fait dans la critique- à certains fondamentaux hérités du passé. Philippe Bach

Portrait de lemic

Re: Publicité politique ¦ Je plussoie.

Je plussoie. Pour la rédaction, mettez-donc des symboles à cliquer, les lecteurs répondront plus facilmement, et encore plus brièvement (LOL).

Portrait de bouleazero

Publicité politique

La question de fond est donc si on accepte une certaine publicité même si elle est à l'opposé des valeurs que l'on défend. Donc, serait Le Courrier d'accord de publier une annonce de l'industrie nucléaire pour vanter la bienfaisance de leurs installations? Peu probable. Du coup, ma réponse est clair en ce qui concerne l'UDC: c'est non, car elle veut tout ce que nous ne voulons pas. Au lecteur qui dit que cette publicité ne le dérange pas, je lui dit qu'il connait mal le fonctionnement de la pub qui marche à travers l'inconscient, aussi chez lui-même.

La raison pour accepter cette pub était l'argent recolté et il va de soi que Le Courrier a besoin des fonds, mais il y a d'autres moyens à privilégier comme des campagnes pour trouver de nouveaux abonnés ou pour obtenir des dons (toutes les organisations font de la pub pour être mentionné dans des testaments...). Et pourquoi pas élargir l'horizon de débats pour attirer la totalité de la gauche en tant que lecteurs du Courrier.

Portrait de Philippe Bach

Re: Publicité politique

En l'occurrence, le Courrier a accepté dans le passé des annonces favorables à l'énergie nucléaire. La question risque de se reposer lors du vote de l'initiative des Verts. En revanche, je pense que je refuserais des annonces qui seraient négationnistes par rapport au nombre de morts à Tchernobyl. Rappelons-nous qu'il y a quelques années l'OMS, sous la coupe de l'AIEA, évoquait le chiffre de 300 morts. Quant à tenter d'élargir notre lectorat, nous ne ménageons pas nos efforts. Mais il s'agit d'un travail de Sisyphe (même si, selon la formule d'Albert Camus, il faut imaginer Sisyphe heureux).

Portrait de loic.modoux

Pub UDC

Bonjour,

En effet l'encart UDC dans mon exemplaire du Courrier fut pour moi une surprise.

Toutefois, reflexion faite, je trouve qu'il est normal que cette publicité aie été publiée.

Premièrement, c'est un signe démocratique fort qu'un journal accepte de mettre en avant un groupe représentant une autre opinion.

Deuxièmement, connaissant les difficultés financières que rencontre un journal indépednant de nos jours, il est parfaitement normal d'accepter de telles publicités, tant que, comme vous l'écrivez, elle respecte la dignité humaine.

Meilleures salutations