Vendredi, 15 décembre 2017

Virage à angle droit au parlement vaudois

Mercredi 29 novembre 2017

Coup de tonnerre mardi dans le paisible paysage politique vaudois. Il n’y aura pas de contre-projet à l’initiative pour le remboursement obligatoire des soins dentaires. Fait exceptionnel dans le parlement, aucun compromis n’a pu être noué. Le Conseil d’Etat a préféré l’initiative à son propre contre-projet vidé de sa substance par la droite majoritaire. Le PLR a pour sa part joué un jeu trouble, en torpillant le texte qu’il avait auparavant largement amendé.

La droite a montré qu’elle ne voulait pas d’une amélioration de la santé buccodentaire des citoyens, même par des mesures timides. En renonçant au contre-projet, elle donne ainsi du poids à l’initiative de la gauche radicale. Largement soutenue par ses alliés, et par le groupe PDC Vaud-Libre, celle-ci a donc toutes les cartes en main pour faire passer devant le peuple le projet d’assurance dentaire.

Depuis le début de la nouvelle législature il y a trois mois, les attaques parlementaires contre le gouvernement à majorité de gauche se sont multipliées. Avec ce premier dossier d’envergure porté au plénum, la droite fait savoir qu’elle est prête à en découdre. L’époque où élus PLR et socialistes trinquaient ensemble au score soviétique de la votation sur le volet vaudois de la Réforme sur l’imposition des entreprises (RIE III), acceptée par 87% des citoyens, semble bien révolue.

Au sein du Conseil d’Etat, la collégialité montre également ses failles. Hier, le ministre socialiste Pierre-Yves Maillard a déclaré qu’une «majorité» de son gouvernement préférait l’initiative au contre-projet. Il y a deux mois, son collègue PLR Pascal Broulis notait que la date d’entrée en vigueur de la réforme des entreprises faisait l’objet «d’intenses débats» au collège gouvernemental.

Le «compromis dynamique» dont se sont félicités les ministres lors de la dernière législature a peut-être bel et bien fait son temps. La crainte des blocages et des polarisations a eu pour conséquence une dépolitisation des débats. Pour la vitalité démocratique, il est sain que les projets ficelés en coulisses et avalisés par un parlement discipliné laissent leur place à la confrontation d’idées. Les citoyens ne peuvent que s’en trouver gagnants. I

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