Mardi, 24 octobre 2017

Refuser la fatalité

Lundi 25 septembre 2017

Un refus plutôt net, vu le relativement large soutien institutionnel à PV 2020.  Les Suissesses et les Suisses ont dit non par 52,7% des voix ce dimanche à l’augmentation de l’âge de la retraite pour les femmes à 65 ans et à la baisse des rentes du deuxième pilier. Le référendum lancé envers et contre tout par une partie – essentiellement romande – du monde syndical et par la gauche de la gauche a remporté son pari.

Plusieurs votes se superposent bien sûr dans ce résultat: un électorat populaire a défendu ses conditions de vie; les femmes ont senti l’embrouille de ce nivellement par le bas qui leur octroie les mêmes conditions de départ à la retraite que les hommes, alors qu’elles restent moins payées que ces derniers; mais – le résultat dans les cantons alpins et alémaniques le montre – un non de droite a bien sûr aussi pesé.

Dans quelle mesure? Il faudra attendre les analyses au sortir des urnes pour être fixé sur le poids respectif des différents fronts de refus. On constate tout de même que dans des cantons comme Genève, où le front syndical était uni et déterminé, le non est de 60,3% et qu’il émane majoritairement des arrondissements de gauche.

Une leçon pour l’avenir: il n’y a pas de fatalité dans la régression sociale. L’AVS est une conquête de gauche, il est impératif de la défendre. Le compromis du paquet Berset posait trop de problèmes pour être acceptable. Et il allait à l’encontre d’un fondamental de gauche visant à une meilleure répartition du temps de travail.

Reste maintenant la question de l’avenir. C’est bien en termes de répartition des richesses produites qu’elle devra être appréhendée. Si l’on paie correctement les travailleuses et les travailleurs, si l’on prend en compte les tâches non rémunérées majoritairement assumées par les femmes – tout ce que l’on met sous l’appellation du «Care» – la perspective change sensiblement.

Depuis la fin des Trente Glorieuses, une part croissante des richesses produites va au capital et non plus aux revenus du travail. Si cette question n’est pas posée, on passe à côté de la solution. Mais cela suppose l’inversion d’un rapport de force, pour l’heure, en défaveur de celles et ceux qui produisent ces richesses. Ce qui plaide pour un front uni et pour que la gauche syndicale et politique surmonte – et rapidement! – les divisions générées par cette campagne.

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