Samedi, 21 octobre 2017

Comme du papier à musique

Mercredi 20 septembre 2017

Emballé, c’est plié! Il n’a fallu que deux tours de scrutin à Ignazio Cassis pour l’emporter face à la Vaudoise Isabelle Moret et au Genevois Pierre Maudet. C’est donc un Tessinois qui succède au Neuchâtelois Didier Burkhalter.

Plusieurs éléments peuvent expliquer ce choix quasi naturel, même si un espace a été ménagé pour permettre aux deux outsiders de sauver la face. Tout d’abord, un souci de cohésion nationale. La partie italienne de la Suisse est de nouveau représentée au niveau de l’exécutif fédéral, dix-huit ans après le populaire Flavio Cotti. C’était sans doute souhaitable pour un canton rongé par le populisme et guetté par un repli xénophobe, même si Genève est également en proie aux mêmes démons antifrontaliers.

Mais surtout, ce choix s’explique par une volonté d’ancrage politique du côté de la droite dure. Le Parti libéral-radical (PLR) et l’Union démocratique du centre (UDC) disposent de fait d’une majorité au Conseil national. Un décalage subsistait entre la majorité parlementaire et un exécutif jugé par trop centriste, voire insuffisamment eurosceptique, une tare rédhibitoire pour les isolationnistes udécistes alliés aux affairistes du PLR.  

Cette coupable déviance a donc été corrigée mercredi. Ignazio Cassis fait partie de la famille. C’est un lobbyiste de la santé qui accède au Conseil fédéral. Ceci alors que ce dossier est sans doute le grand scandale de ces deux dernières décennies: la hausse régulières des primes d’assurance-maladie pousse, année après année, des pans entiers de la population en-dessous du seuil de pauvreté alors qu’une lucrative industrie fait son beurre sur cette misère du monde. On sait au moins que sur ce front, il n’y a rien à espérer. Surtout si le dossier de la santé est confié au nouvel élu.

Cela n’est guère rassurant. Mais pas tellement étonnant vu la dérive à droite, voire à l’extrême droite, du spectre politique suisse. Cela réduira d’autant la marge de manœuvre de la gauche et du centre-droit pour conclure des compromis, de plus en plus contestés d’ailleurs.

Ceux qui en paieront le prix seront les plus faibles, les moins aptes à se défendre. Sur certains gros dossiers, la menace du recours aux instruments de la démocratie semi-directe devrait continuer à faire son petit effet. En revanche, l’asile, l’aide aux pays du Sud, le dossier d’une élémentaire justice fiscale, voire la riposte à la scandaleuse initiative de l’UDC dite «contre les juges étrangers», ont perdu quelques plumes mercredi.

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