Mercredi, 20 septembre 2017

Sauvegarder le système

Mardi 12 septembre 2017

Marc Ribeaud estime qu’il faut résister à la droite financière.

Minoritaire au plan fédéral, la tâche du Parti socialiste n’est pas toujours très exaltante, il doit rechercher le moindre mal. C’est le cas avec Prévoyance 2020. De nouvelles conquêtes sociales étant politiquement hors de portée, il s’agit de lutter pour le maintien d’acquis à un niveau décent. C’est ce qu’une alliance PS, Verts, PDC, et PBD propose au peuple, alliance difficile à obtenir.

La réforme concerne les actifs. Leurs caisses de pension connaissent les incidences de la réforme sur les retraites futures, mais elles s’abstiennent de les en informer. Selon l’actuaire d’une caisse semi-publique, la réforme aura peu d’influence sur les prestations du deuxième pilier. Seul un quart des assurés sont concernés par le taux de conversion de 6,0% de Prévoyance 2010 puisque le taux appliqué est déjà inférieur, pour les femmes comme pour les hommes, 5,85% à 65 ans. Mais avec Prévoyance 2020 les employés à bas salaires verront leur deuxième pilier renforcé.

Depuis que le peuple a entériné en 1972 le régime AVS+ prévoyance professionnelle, il y a eu l’allongement de la durée de vie et la baisse de la natalité. Le deuxième pilier, passé de la primauté des prestations à la primauté des cotisations, a subi une individualisation partielle. Fondé sur la capitalisation, il a besoin d’un rendement régulier de 3 à 4% pour fournir les rentes convenues. Mais la spéculation financière à court terme écrème depuis des années les gains au profit de quelques très gros actionnaires: le rendement des fonds des caisses de pension a diminué. Si bien que, pour payer les rentes des retraités, les caisses doivent très souvent piocher dans le capital des actifs.

Le but des stratèges de l’UDC et du PLR, proches du monde financier, est d’attendre que les comptes de l’AVS soient déficitaires pour faire accepter par le peuple une coupe drastique des rentes AVS et confier à l’industrie financière privée la plus grande part du système de retraite. Le comble, ces partis ont reçu l’appui de la gauche pure et intransigeante qui ne voit que les défauts du compromis et veut ignorer le piège tendu par la droite. Le peuple a, ces trente dernières années, toujours refusé d’affaiblir l’AVS mais aussi rejeté les sept tentatives pour la renforcer. Lutter contre les bas salaires est la priorité, les retraites suivront. Mais aujourd’hui, pour sauvegarder l’essentiel du système, acceptons Prévoyance 2020.

Marc Ribeaud, Delémont

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