Dimanche, 24 septembre 2017

EasyJet au-dessus des lois?

Vendredi 18 août 2017

Francesco Ceccherini, client d’EasyJet, a vu son vol Copenhague-Genève du 8 août reporté au jour suivant. Réaction.

Le vol de la compagnie EasyJet EZS1470 Copenhague-Genève du 8 août, 19h55, a été reporté au 9 août à 10h. Selon la liste des droits des passagers aériens que nous avons obtenue, EasyJet doit nous trouver une chambre et un transport. Nous avons aussi reçu un mail nous demandant de ne pas réserver d’hôtel ni prendre de taxi par nos propres moyens sous peine de ne pas être remboursés. Or la première chose qu’on nous dit à l’aéroport de Copenhague, c’est de nous débrouiller seuls et d’envoyer les factures à EasyJet. Plusieurs passagers expliquent que, lors d’une précédente mésaventure du genre, ils n’ont jamais reçu un franc en retour. Certains partent, écœurés. D’autres refusent et résistent. Nous nous battons pour l’application de nos droits. Longue attente. Rien ne bouge. Certains passagers n’ont ni carte de crédit, ni couronnes danoises sur eux.

Soudain, les employés nous informent que le superviseur leur a dit que tous les hôtels de Copenhague étaient complets et qu’il n’y avait plus rien à faire. Ils essaient de partir. Nous les en empêchons. Nous leur montrons qu’en cherchant sur internet, nous trouvons des chambres pour tout le monde. Nous avons fait une liste des besoins car eux ne s’en sont pas occupés. C’est une mini-émeute. La police aéroportuaire arrive. Ils nous amènent des couvertures et demandent au superviseur de venir. Il arrivera enfin. Quelques chambres sont trouvées dans une bourgade à 25 minutes de taxi. En insistant, je réussis à obtenir des bons prépayés pour le taxi aller-retour (de tels bons qui, selon eux, n’existaient pas apparaissent tout à coup). D’autres paieront de leur poche. Durée de la lutte: 21h-minuit!

Les droits à l’assistance prévus selon le règlement européen en vigueur1 n’ont pas été respectés. Contrairement à l’art 9.1.a, qui prévoit repas ou rafraîchissements en fonction du temps d’attente, rien n’a été offert. Lorsqu’on a demandé une bouteille d’eau, on nous a dit d’aller boire aux WC. Les passagers qui, lassés d’implorer une chambre, ont dormi dans le hall de l’aéroport n’ont pas reçu de bon pour un petit-déjeuner. Et lors du vol de retour, on ne nous a même pas offert un café.

Les art. 9.1.b et c prévoient la mise à disposition gratuite d’une chambre d’hôtel et d’un moyen de transport entre l’aéroport et l’hôtel. Seuls certains passagers, après une lutte acharnée, ont eu une chambre et des bons pour un taxi. Une dizaine de chambres seulement ont été obtenues. En outre, la possibilité d’effectuer deux appels téléphoniques ou deux sms gratuits, prévue à l’art. 9.2, n’a pas été prise en compte.

Le problème n’est pas le report du vol en soi. C’est la manière dont EasyJet prend en charge ses passagers lésés. Telle une multinationale focalisée uniquement sur son profit (et Dieu sait si elle en fait!), cette compagnie n’a aucune considération pour ses clients, personnes âgées et enfants inclus. Comment est-ce possible qu’aucun gouvernement ne parvienne à l’obliger au respect des lois? Je lance un appel au boycott!

Francesco Ceccherini,Genève.

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