Jeudi, 17 août 2017

L’Octobre helvétique

Jeudi 13 juillet 2017

Le 7 novembre 1917 (selon le calendrier julien en vigueur en Russie, le 25 octobre chez nous), le croiseur Aurore, amarré dans le port de Petrograd, tire un coup de canon. C’est le signal de la prise du Palais d’hiver par les bolcheviks et le début d’une révolution qui ébranlera durablement le monde. Cent ans après, Le Courrier revient sur cet événement. Pourquoi?

La révolution russe a largement déterminé le cours du XXe siècle, entraînant son lot de répercussions jusque dans un passé récent. Dans cette histoire, la Suisse a joué un rôle non négligeable. Elle fut un lieu privilégié du refuge, du débat et de la formation de la communauté russe en exil. Elle servit aussi de base arrière à la préparation des événements. De notre pays est parti le wagon, qui n’avait de «plombé» que le nom, et qui permit à une poignée de révolutionnaires, dont Lénine, le plus célèbre d’entre eux, de rentrer en Russie à travers l’Empire allemand.

Enfin, la révolution russe reste une source de réflexion pour toutes celles et ceux qui s’engagent, luttent pour un monde meilleur. Parce qu’elle a mis en lumière le meilleur et le pire de l’humanité. Le meilleur, à travers ces hommes et ces femmes qui ont donné leur vie pour le socialisme, se sont jetés corps et âmes dans la révolution par idéalisme, comme le pasteur neuchâtelois Jules Humbert-Droz. Le pire, lorsqu’ils ont été humiliés, brisés, déportés par un système qu’ils avaient contribué à édifier et qui s’est retourné contre eux, comme ce fut le cas pour le couple alémanique composé de Berta Zimmermann et de Fritz Platten. Certains n’ont voulu y voir que le meilleur, à l’instar des militants du Parti communiste suisse, créé en 1921, ou de la VOKS, la Société soviétique pour les relations culturelles avec l’étranger. D’autres n’y ont décelé que le pire, comme les partisans de la Ligue anticommuniste du Genevois Théodore Aubert et de sa commission Pro-deo, et bien sûr la droite bourgeoise qui, dans les années trente, interdira les organisations communistes.

Il est nécessaire de connaître le passé pour comprendre le présent et appréhender l’avenir. Pour notre part, nous inaugurons aujourd’hui une série d’articles consacrés aux liens méconnus entre la Suisse et la Révolution d’octobre 1917, en espérant contribuer, modestement, à mettre en lumière un pan de notre passé trop souvent ignoré de l’historiographie officielle. I

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A l’occasion du vernissage du dernier numéro des Cahiers d’histoire du mouvement ouvrierCahiers d’histoire du mouvement ouvrier, no 33, «Monuments du mouvement ouvrier», numéro coordonné par Florian Eitel et Sébastien Farré, Lausanne, Association pour l’étude du mouvement ouvrier et Editions d’En bas, 2017, 240 pages., Jean-François Fayet, professeur d’histoire ...
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