Mercredi, 26 juillet 2017

Renouer avec l’opposition?

Mercredi 17 mai 2017

Le deuxième tour des élections vaudoises a vu le retour du débat d’idées. Et c’est plutôt sain. Fini les politesses, l’encensement consensuel du bilan du Conseil d’Etat. Avec son ticket à deux, composé de l'UDC Jacques Nicolet et de la Vert'libérale Isabelle Chevalley, la droite attaque frontalement, jusqu'à revendiquer cinq sièges sur sept. La gauche, qui avait tendance à se reposer sur ses lauriers, est repartie au combat.

L’alliance de droite, sans programme commun, est purement opportuniste. Sous la Coupole, les votes d'Isabelle Chevalley se rapprochent davantage de ceux de sa rivale Cesla Amarelle que de son allié Jacques Nicolet. Pas sûr que les électeurs suivent les appels à «casser les crayons».

Il n’empêche que la gauche a la boule au ventre. Tous les scénarios sont ouverts. En cas de basculement de majorité, le compromis dynamique tomberait à l'eau. Et la droite donnera le la, forte de sa majorité au parlement. Avec, à la clé, une baisse d’impôt, une perte de substance dans l'application de la loi sur le logement et des coupes dans le social. Sur l'asile, plus personne ne refrénerait les velléités de Philippe Leuba. Soit. Mais la question se doit d'être posée: la gauche ne serait-elle pas plus efficace dans l'opposition?

Ses récentes compromissions laissent un goût amer. La majorité de gauche a durci la loi sur les étrangers et fait le jeu des multinationales avec la RIE III. Au Château, l'idéologie est diluée et la technocratie règne. Alors que les décisions sont négociées à huis clos et que les députés sont condamnés à suivre les consignes pour respecter le compromis dynamique, les militants de la base ont de quoi être découragés.

Au parlement, l'opposition se limite aujourd'hui souvent aux cinq députés de la gauche radicale. Trop peu pour assurer un véritable débat démocratique. La «politique du pire», avec une double majorité de droite, n’est évidemment pas souhaitable. Mais dans une politique qui se droitifie avec le laisser-faire des verts et des socialistes, un retour de la gauche dans l'opposition l'aiderait à retrouver ses fondamentaux et à reconstruire un véritable projet de société.

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Le Courrier
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