Vendredi, 31 mars 2017

Présidentielle enfin lancée

Mardi 21 mars 2017

L’élection présidentielle est enfin lancée. N’en déplaise aux petits candidats – ulcérés d’en être privés – le débat d’hier soir sur TF1 entre les cinq prétendants au second tour était indispensable. Relégué au deuxième plan par les affaires judiciaires et les batailles personnelles, le débat d’idées n’avait encore pu être entamé. Alors qu’il ne reste qu’un mois aux Français pour se choisir un champion!

Avec toutes ses limites – temporelles, notamment –, un tel débat télévisé, inédit dans l’histoire de la France, devenait d’autant plus nécessaire que l’élection de 2017 est ouverte comme jamais. Crises écologique, économique et démocratique ont brouillé les repères traditionnels et ratiboisé la crédibilité des deux courants politiques dominants, en France comme ailleurs. D’où cette nécessité impérieuse de croiser les lignes, pointer les fractures, de dépasser – dans la confrontation – la langue de bois et les petites phrases.

Mission accomplie? Honnêtement, oui. Hormis quelques moments de confusion, un savant équilibre entre plaidoyers parallèles et passes d’armes a permis de dégager les grandes lignes des projets en concurrence, dans leur cohérence comme dans leurs ambiguïtés. A l’exception peut-être de François Fillon, héraut supposé de la rigueur, clairement plombé, comme éteint, par ses errances personnelles.

Les autres, en revanche, ont su prendre la lumière télévisuelle. Pas toujours en leur faveur, comme Emmanuel Macron, dont le discours du renouveau a paru plutôt artificiel, s’évertuant surtout à piocher autant de vieilles idées à droite qu’à gauche. Pas sûr, malgré son panache, qu’il sorte indemne de la joute.

A l’extrême droite, Marine Le Pen a plutôt bien manœuvré, maniant le bâton dans un gant de velours, affichant un calme présidentiable tout en déclinant son discours chauvin.

A gauche, les deux candidats ont convaincu, plus professoral et mesuré pour Benoît Hamon. Plus incisif et osé pour Jean-Luc Mélenchon. Laissant entrevoir une contradiction qui n’est qu’apparente: celle de voir émerger les solutions les plus novatrices – en matière institutionnelle, écologique, économique et sociale – du camp de la gauche, qui censément gouvernait ce pays depuis cinq ans.

De quoi aviver les regrets d’un quinquennat raté. Et d’une impossible alliance pour le 23 avril prochain. I

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