Mardi, 25 juillet 2017

Retour à la case départ

Dimanche 19 mars 2017

Avec la sèche éviction d’Oskar Freysinger du Conseil d’Etat, le Valais conservateur a opéré un retour à la «normale» en remplaçant le représentant de l’UDC par celui du PLR, Frédéric Favre. Trois PDC, un PLR et une socialiste forment l’exécutif: retour, donc, à la configuration qui prévalait avant le triomphe, en 2013, du tribun au catogan.

Au premier tour, la cinquième place du socialiste du Bas-Valais Stéphane Rossini donnait des ailes à son parti, qui espérait se profiler comme le pourfendeur du populiste de Savièse et habitué des raouts d’extrême droite en Europe. En quatre ans, Oskar Freysinger n’aura pas abattu le système qu’il prétend combattre, tout en multipliant les provocations qui ont fait sa marque de fabrique.

Le Valais, qui a misé sur un illusionniste le temps d’une parenthèse, remet donc plus que jamais son destin dans les mains des partis bourgeois. Les promesses socialistes ne l’ont pas séduit plus que ça, l’électorat se satisfaisant d’une magistrate, Esther Waeber-Kalbermatten, qui s’est complu dans le costume silencieux de la collégialité. A un Stéphane Rossini qui aurait pu amener un – petit – vent progressiste, les Valaisans ont préféré Frédéric Favre, néophyte en politique. Son succès, après son mauvais score du premier tour, est dû à la mobilisation du PDC, véritable maître du jeu en Valais.

Le plébiscite de ce parti est donc à la hauteur de l’humiliation de l’UDC. On peut pourtant s’étonner que l’électeur n’ait pas tenu rigueur aux démocrates-chrétiens du peu de transparence dans l’affaire de la pollution au mercure du site Lonza, du peu d’avancées dans le dossier de l’autoroute A 9 ou encore des petits arrangements avec le fisc de l’encaveur Giroud, si proche du ministre sortant PDC Maurice Tornay.

Remplacer ce mauvais cheval par Christophe Darbellay aura donc suffi. Ce mari volage, qui pourtant affichait sa famille comme un modèle, n’a pas pâti de ses déboires privés. Tant mieux, si l’on considère que ses amours ne regardent que lui. Tant pis, si l’on estime que sa crédibilité et celle de son parti ont été mises à mal: le PDC véhicule encore trop souvent une vision traditionnelle et conservatrice de la famille, qui étouffe celles et ceux qui s’en écartent.

Notons encore l’alliance totalement contre-productive d’Oskar Freysinger et d’un PDC dissident, Nicolas Voide, puisqu’elle a permis de resserrer les liens du parti dominant.

Au final, la vraie surprise des élections valaisannes est probablement le passage des Verts de 2 à 8 sièges au Grand Conseil. Désormais, l’écologie est représentée par un groupe parlementaire: le signe d’une évolution des mentalités dans ce canton montagnard, particulièrement mis au défi d’un développement plus durable par les canons à neige et l’appétit des promoteurs immobiliers.

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Oskar Freysinger éjecté du gouvernement

Sion, 15h39, rue de Conthey: dans cette rue dite «de la Soif», où se concentrent les stamms des partis et les centres de presse, le PLR ne reste pas sur sa faim. Il sait, avec les résultats de Martigny et les 860 voix d’avance de Frédéric Favre sur Oskar Freysinger, que la messe funéraire est dite pour l’UDC. Une dizaine de minutes plus tard, les résultats de Sion tombent enfin. ...
 
Le Courrier
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