Mardi, 30 mai 2017

AVS: Un marché de dupes

Vendredi 17 mars 2017

Le parlement fédéral a joué à se faire peur. In fine, les deux Chambres ont pourtant voté jeudi le résultat sorti la veille de la commission de conciliation. Conséquence: l’âge de l’AVS est relevé à 65 ans pour les femmes, le taux de conversion passe de 6,8 à 6% (impliquant un recul des rentes servies par le deuxième pilier), le financement étant assuré par une hausse de 0,6% du taux de TVA. En échange, les rentes AVS progressent de 70 francs par mois pour les nouveaux retraités.

Le tout doit encore être validé ce vendredi par un vote ultime des députés fédéraux. Se pose maintenant la question d’un référendum, même si celui-ci pourrait être automatique, vu l’impact sur la TVA du projet. Mais cela n’exclut pas une seconde consultation, facultative celle-là, pour poser clairement la question qui fâche. Celle du relèvement de l’âge de départ à la retraite.

Le Parti socialiste suisse (PSS) soutient le compromis. Avec des tons parfois un peu exaltés: un député a même parlé de «jour historique». A l’intérieur des centrales syndicales, les directions – proches du parti à la rose – mettent la pression, voire exercent un chantage, sur leurs sections pour leur faire avaler cette couleuvre.

Inquiétant. Car le relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans pour les femmes est un véritable camouflet à l’heure des inégalités salariales crasses entre les sexes – près de 20% dans le privé – et marquerait un nouveau recul du mouvement ouvrier. Ne nous leurrons pas. Cette capitulation ouvre la voie à un passage aux 67 ans pour toutes et pour tous.

Les 70 francs de hausse de l’AVS ne sont évidemment pas à négliger en ces temps de disette. Mais ils doivent être mis en regard avec les hausses des cotisations de prévoyance. Ce qui relativise ce «cadeau». Sans oublier que la hausse de la TVA – impôt antisocial par excellence – frappera aussi prioritairement les bas revenus et les retraités.

En cela, l’annonce d’une campagne référendaire par la gauche de la gauche et une part importante du monde syndical – principalement latin, pour l’heure – est une bonne nouvelle. Il permettrait d’éviter ce qui s’annonce comme un naufrage social. Et qui aurait des conséquences dévastatrices en termes d’image de la gauche.

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