Mercredi, 26 juillet 2017

La gestion des crèches municipalisée

Jeudi 23 février 2017
Les dix institutions de la petite enfance carougeoises sont actuellement gérées par des comités associatifs bénévoles (photo prétexte).
JPDS

Le Conseil municipal de Carouge a accepté la municipalisation partielle des institutions de petite enfance. D’autres communes ont déjà franchi le pas.

La première étape d’une municipalisation partielle des crèches a été adoptée mardi soir par le Conseil municipal carougeois. Ce dernier a en revanche refusé une motion du PDC visant à créer une Fondation de la petite enfance.

Actuellement, chacune des dix institutions de la petite enfance carougeoises est gérée par un comité associatif bénévole, souvent constitué de parents d’enfants. L’idée du Conseil administratif, avancée lors de la définition du budget 2017 en automne dernier, est d’internaliser les postes de secrétaires-comptables des crèches. Ceux-ci deviendraient des employés communaux à part entière. La commune deviendrait aussi l’employeur du reste du personnel des institutions, à la place des comités en place, mais sans changement des conditions salariales ni de prévoyance professionnelle.

«La commune subventionne les structures de petite enfance à hauteur de 80%. C’est à elle que l’on fait appel lors d’une situation de crise. Cela ne changera rien en termes financiers, mais la question de la responsabilité et de la gouvernance sera ainsi beaucoup mieux réglée à nos yeux», expose Anne Hiltpold, conseillère administrative en charge de ce dicastère.

Réaction du PDC

Le Parti démocrate-chrétien s’est étonné de cette nouvelle: «Aucun travail n’avait été fait en commission en amont, déplore l’élue Sophie Buchs. Il faut pourtant bien réfléchir à ce que l’on fait des 10% du budget communal!» Après avoir étudié ce que coûterait une municipalisation des crèches, en observant la situation de communes qui ont adopté ce système, les élus PDC ont estimé que les dépenses s’élèveraient de 5 à 8 millions de francs supplémentaires par année.

Ils ont alors déposé une motion en automne pour la création d’une fondation de droit public qui rassemblerait les institutions de la petite enfance. Un moyen d’optimiser le fonctionnement des structures, en harmonisant les pratiques et en réalisant des économies d’échelle, avec des dépenses moindres qu’une municipalisation.

Cette motion a été rejetée par le Conseil municipal ce mardi, alors qu’il adoptait l’internalisation du personnel administratif des crèches par la commune, tout comme la création d’un poste d’adjoint au chef du Service de la petite enfance. Ces deux mesures entreront en vigueur à la rentrée scolaire 2017. Les directions des institutions ainsi que les présidents de comités ont déjà été rencontrés.

Un statut à déterminer

Pour la suite, les avis sont partagés. La gauche souhaiterait que le personnel des crèches puisse bénéficier des mêmes conditions que les employés communaux en termes de prévoyance, ce que refuse la droite en raison du coût (environ 800 000 francs par an). La droite craint qu’à terme le personnel des institutions se retrouve aux mêmes conditions que les employés communaux, ce qui coûterait entre 3 et 4 millions de francs. Vu les demandes de la gauche, la droite préfère maintenir le statu quo et dépenser de l’argent pour la création de nouvelles places de crèche.

Certains élus déplorent par ailleurs la perte de pouvoir des comités actuellement en place et la diminution du lien de proximité existant. Mme Hiltpold expose que la situation a changé: «Ce ne sont plus des groupes de parents motivés qui se mettent ensemble pour gérer une crèche. Maintenant, c’est la commune qui connaît les besoins de chaque endroit et qui regroupe des gens pour que cela fonctionne.»

 

Un processus dans l’air du temps

En 2001, la Ville de Vernier prenait en charge la gestion de ses institutions de la petite enfance, remplaçant des comités associatifs bénévoles. C’était la deuxième commune genevoise à fonctionner ainsi, après Meyrin en 1974. «Vernier s’est posé la question entre Fondation et municipalisation», relate Thierry Apothéloz, conseiller administratif en charge de ce service.

Le changement a naturellement demandé un investissement financier (création du service, travaux dans les institutions, achat de matériel, réajustement par rapport à la caisse de pension), mais le bilan est jugé «extrêmement positif»: cohérence dans l’accueil, prestations similaires pour les familles, gestion centralisée de la liste d’attente. Les formations et le partage des compétences permettent «d’utiliser les ressources de façon efficiente». «Travailler ensemble a permis de développer une politique d’inclusion», conclut le magistrat.

La Villede Genève a pour sa part introduit un système de sectorisation, afin de rationaliser la gestion administrative des institutions. Chaque ensemble en réunit au moins trois. Le responsable de secteur assure la gestion administrative et la supervision pédagogique, suivant les directives du Service de la petite enfance (SDPE). Il travaille en collaboration étroite avec les adjoints pédagogiques, qui encadrent les équipes éducatives sur les sites. Ce processus n’est pas tout à fait fini: quelques crèches ne font pas encore partie de ce modèle. SDR

 
Le Courrier
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