Mercredi, 26 avril 2017

Un premier pas contre la pénurie

Jeudi 02 février 2017

Les habitantes et habitants de l’Arc lémanique connaissent trop bien cette réalité. La crise du logement y est bien installée depuis le début des années 2000, avec une explosion historique des loyers à la clé. Et ce n’est pas la très légère détente du marché enregistrée l’an passé dans le canton de Vaud qui change fondamentalement la donne: pour de nombreuses personnes, trouver un appartement adapté à ses besoins et à sa bourse ressemble à une interminable course d’obstacles, à un vrai cauchemar.

C’est dans ce contexte que les Vaudoises et les Vaudois se prononcent le 12 février sur la nouvelle Loi pour la promotion et la préservation du parc locatif (LPPPL), contestée par un référendum des milieux immobiliers. Une réforme née dans la douleur, après une décennie de gestation politique, qui fait figure d’étendard du Conseil d’Etat actuel à majorité de gauche.

Autant le dire d’emblée: la loi proposée n’est pas un produit miracle. Au printemps passé, à l’aube de son acceptation par le Grand Conseil, Le Courrier allait même jusqu’à critiquer un «compromis ultra minimal», bien timoré face à l’ampleur du problème. Sous les coups de canif de la droite, le plan gouvernemental pour doper la construction de logements abordables avait en effet perdu de sa vigueur.

Est-il pour autant inutile? Non. La LPPPL va clairement dans la bonne direction. Malgré ses limites, elle pose les bases d’une politique publique volontariste en matière de logement, dont les locataires auraient tort de se priver. La loi met à disposition des communes une série d’outils intéressants – quotas de logements d’utilité publique, bonus de droits à bâtir, droit de préemption, etc. Sur le papier du moins, car les municipalités restent libres de s’en saisir. Le feront-elles?

Autre élément positif: les dispositions de protection du parc locatif contre les rénovations et les transformations abusives, sources de hausses massives des loyers, ont finalement été préservées. L’information aux locataires en cas de travaux sera même renforcée. Là encore, gare aux illusions! Le droit du bail, très favorable aux propriétaires en Suisse, laissera toujours la porte ouverte à des excès. Mais, au moins, la dérégulation réclamée de longue date par les bailleurs n’a pas eu lieu.

Dans ces circonstances, voter «non» à la LPPPL le 12 février reviendrait à accepter béatement le statu quo. Et à continuer de croire, comme les milieux immobiliers le jurent, que seul un marché libéré de toute contrainte mettra un terme de la crise du logement. Cela fait une quinzaine d’années qu’on attend l’action divine de la main invisible, voyez un peu le résultat! Alors entre un pas en avant contre la pénurie, même modeste, et un conte de Noël, notre choix est fait.

En lien avec cet article: 

La quête acharnée d’un appartement

Les Vaudois vivent dans la pénurie de logement depuis 15 ans. En 2009, le canton touchait le fond, avec seul 0,4% d’appartements vacants. Depuis, il remonte doucement la pente, pour atteindre en 2016 un taux de vacance de 0,8%, encore bien loin du seuil légal de 1,5% pour que le marché soit considéré comme équilibré. Le canton aurait besoin de 2600 logements vides supplémentaires, avec des différences ...
 
Le Courrier
Vous devez être loggé pour poster des commentaires