Lundi, 29 mai 2017

Maintenir une ligne essentielle

Mercredi 01 février 2017

Une nouvelle corédaction en chef entre en fonction aujourd’hui au Courrier. De concert avec l’équipe du journal, la NAC (Nouvelle Association du Courrier, éditeur du titre), nous a en effet témoigné sa confiance pour poursuivre le travail du trio sortant: Philippe Bach, Dominique Hartmann et Benito Perez, venu remplacer temporairement Christiane Pasteur.

C’est une lourde responsabilité à laquelle nous faisons face. Mais également un défi passionnant: dans un contexte de concentration croissante des médias, de plus en plus souvent soumis à des éditeurs peu soucieux de diversité et de qualité, prêts à sacrifier titres et emplois sur l’autel de la seule rentabilité, Le Courrier entend poursuivre son combat pour une presse indépendante et critique.

Nous comptons ainsi maintenir le cap tracé par les précédentes rédactions en chef, soit produire un contenu quotidien qui défende des valeurs humanistes et progressistes et continuer à analyser l’actualité sous ces angles, afin de fournir à notre lectorat des clés de compréhension pour mieux décrypter ce monde si complexe. Cela en restant intransigeants sur la pratique d’un journalisme de fond, exigeant, de qualité. Un journalisme engagé dans la recherche de la vérité et la défense de l’intérêt public.

Ce rôle nous apparaît plus nécessaire que jamais à l’heure de la montée des droites populistes, en Europe et ailleurs, de l’accumulation des post-vérités, d’une large diffusion de discours haineux et de rejet envers les étrangers, réfugiés et migrants, d’une concentration des richesses et du recul des acquis sociaux ou des droits fondamentaux.

Il est du devoir de la presse d’investiguer sur ces phénomènes, de les décortiquer et de les dénoncer. Les médias dans leur ensemble sont cependant secoués par une profonde crise. Les grands groupes se désinvestissent massivement de la presse romande et Le Courrier doit, pour sa part, consolider ses finances pour survivre.

L’illusion de la gratuité ne changera jamais une réalité inaltérable: l’information a toujours un coût! Que ce soit sur papier ou sur internet. Et c’est d’autant plus vrai pour la presse de qualité. Votre quotidien préféré doit donc augmenter son lectorat, qui constitue son principal capital en apportant 80% de son financement.

Pour y parvenir, nous soutiendrons les efforts et le travail de l’ensemble de nos rubriques, grâce à qui ce journal vous offre des perspectives tantôt locales, romandes, internationales, solidaires, égalitaires... Nous encouragerons les articles sur les problématiques transversales. Et promouvrons les enquêtes, les reportages ou encore les sujets abordant les alternatives aux modèles économiques et de société dominants. Nous poursuivrons aussi nos partenariats avec d’autres médias, notamment La Liberté, Le Monde diplomatique et la Wochen Zeitung.

Ce projet a de quoi enthousiasmer la rédaction autant que notre lectorat et résonne comme un défi à la morosité ambiante dans les médias. Nous ferons tout pour le rendre possible. A vous, lectrices et lecteurs, de nous accompagner dans cette entreprise essentielle. I

 

Lire aussi l'interview de la nouvelle rédaction en chef.

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