Lundi, 29 mai 2017

Vaud: les socialistes sur le divan

Vendredi 13 janvier 2017

C’est une bien étrange précampagne électorale qui se joue au Parti socialiste vaudois. Samedi, les roses désigneront la candidate qui accompagnera les sortants Pierre-Yves Maillard, Nuria Gorrite et la verte Béatrice Métraux dans la course au Conseil d’Etat. Et ce à l’issue d’une «primaire» marquée par les manœuvres en coulisses et les piques médiatiques.

Trois candidates sont en lice: la conseillère nationale d’Yverdon Cesla Amarelle, la députée et municipale nyonnaise Fabienne Freymond Cantone et la députée et syndique d’Avenches Roxanne Meyer Keller. Qui tirera son épingle du jeu? Le choix des camarades semble à ce stade très incertain, malgré des candidatures plutôt inégales sur le papier. De fait, Cesla Amarelle a un pedigree autrement plus impressionnant que ses deux concurrentes: ancienne présidente du parti – elle a conduit dans ce rôle la gauche à gagner la majorité du Conseil d’Etat en 2011 puis en 2012 –, elle jouit aussi d’une grande notoriété de par sa fonction fédérale. A tous points de vue, elle a une longueur d’avance.

Mais l’ensemble de l’appareil socialiste ne reconnaît pas cette candidate «naturelle». Et parmi ses détracteurs figurent des poids lourds du parti, dont le grand patron Pierre-Yves Maillard et la sénatrice Géraldine Savary. Autour de la puissante section lausannoise, on ne ménage pas ses efforts pour critiquer et dévaluer la favorite.

Bien ancrée à gauche et profilée sur des dossiers comme celui de l’asile, elle serait aussi handicapée pour capter des voix à droite et au centre, exercice indispensable dans une élection majoritaire. L’intéressée rétorque en prônant sa capacité à nouer des compromis avec la droite, ce que même ses collègues PLR aux chambres lui reconnaissent.

En réalité, plus qu’une bataille politique, c’est à une guerre d’egos et d’influence que ressemble cette campagne interne. La candidate qui sera choisie samedi a de bonnes chances d’entrer au gouvernement. Et à n’en pas douter, certains ministres bien installés dans leur fauteuil voient d’un mauvais œil le solide tempérament de Cesla Amarelle.

Au-delà du choix d’une candidate, le congrès de samedi permettra ainsi de jauger l’emprise des uns et des autres dans un parti souvent qualifié de clanique. Mais quel que soit le résultat, les socialistes sortiront désunis de cette primaire atypique. Sauront-ils se rassembler pour mener la vraie bataille électorale du printemps? L’enjeu n’est autre que le maintien de la majorité de gauche au Conseil d’Etat.

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