Vendredi, 20 octobre 2017

Foi de Doris Leuthard

Mardi 03 janvier 2017

Un «beau pays» qui peut «être fier et optimiste», une «année qui commence dans de bonnes conditions»... A en croire l’allocution de Nouvel An de Doris Leuthard, la Suisse serait un paradis sur Terre, offrant «une qualité de vie élevée». En moins de cinq minutes, la présidente de la Confédération a servi, dimanche, la clé du succès helvétique: innovation, croissance économique et solidarité. Ainsi soit-il.

Cette trinité ne doit rien au hasard; elle servira de base argumentaire pour les prochains grands dossiers et votations populaires. En 2017, on y trouve par exemple la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) ou la réforme de la Prévoyance vieillesse 2020. Mais attention à ne pas mélanger les concepts: il ne s’agit pas d’innover en trouvant un système d’AVS qui permette à nos aînés les plus précaires de vivre dignement. Ou d’encourager une répartition des richesses plus équitable à travers l’imposition des revenus du capital.

Non. La solidarité est invoquée pour annoncer des sacrifices dans le social, qui «souffre de la hausse des coûts, notamment dans les domaines de la santé et de la prévoyance vieillesse où des réformes s’imposent», relève la conseillère fédérale. Quant à l’innovation, on la réserve à la RIE III – avec son festival de déductions fiscales – qui se dessine derrière l’expression «Nous figurons parmi les pays les plus novateurs. Il nous faut poursuivre dans cette voie, tout en sachant que les réformes nous mettront à rude épreuve.» La «rude épreuve» étant la diminution des recettes de 1,3 milliard de francs par an selon l’estimation du Conseil fédéral. Cela afin de maintenir l’attractivité du pays pour des entreprises qui ont prouvé leur attachement à l’emploi local, telles Caterpillar, Vale ou Novartis.

Mais qu’importent ces sombres augures! La solution vient à la fin du message présidentiel: «Je vous souhaite de commencer l’année en bonne santé, en pouvant compter sur un emploi stable et correctement rémunéré.» Précieux conseil, à n’en pas douter. Car dans le pays des merveilles ainsi décrit, mieux vaut être riche et bien portant.

 
Le Courrier
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