Mardi, 30 mai 2017

La droite a gagné. Vraiment?

Vendredi 18 novembre 2016

 

Remporter les élections après vingt ans de domination gauchiste! La droite élargie (PDC-PLR-UDC-MCG) en Ville de Genève avait de quoi savourer sa revanche en 2015. Mais à l’approche du second exercice budgétaire de la législature, cette majorité au Conseil municipal peine à transformer l’essai. Ses coups politiciens – elle vient de refuser le projet de budget 2017 en commission des finances – permettent certes à ses va-t-en-guerre de bander leurs muscles face à un Conseil administratif de gauche sourd à leurs exigences de coupes budgétaires. Mais ces postures ne camouflent pas l’incapacité de ces partis à mettre en œuvre leur programme d’austérité.

Et pour cause: répéter qu’il est aussi facile qu’indispensable de manier la hache pour trouver 60 millions de francs d’économies sur cinq ans est une chose. Lister concrètement les charges superflues en est une autre.

Les «stratèges» font face à plusieurs difficultés. La première est la capacité de mobilisation des publics touchés par les économies, comme l’ont prouvé les référendums gagnants contre celles de 2016. Ensuite, on sent bien que cette majorité hétéroclite peine à s’entendre. Touchez trop à la culture ou au social, le PDC est perdu; attaquez-vous à la fonction publique, le MCG se rebiffe.

Le troisième écueil tient au contexte de la réforme de l’imposition des entreprises. Le Conseil d’Etat promet que les recettes perdues seront compensées après cinq ans par la magie de la relance économique. Pourtant, ses troupes municipales continuent à affirmer qu’il faut anticiper ces pertes, pour ne pas devoir ensuite sabrer brutalement dans les prestations. Cherchez l’erreur!

Soyons justes: la majorité a gagné quelques points. Elle a par exemple imposé une baisse des tarifs de crèche et voté avec la gauche de nouveaux postes de policiers et de pompiers. Or l’exécutif a compensé ces charges supplémentaires pour parvenir à un projet de budget 2017 à l’équilibre. Racler les tiroirs est donc possible.
Mais le Conseil administratif ne fera pas de sacrifices dans le seul but de présenter des bénéfices. Les positions sont connues. A la droite, qui empile les nouvelles charges, de résoudre son équation.

En attendant le grand soir, elle grippe le jeu institutionnel en refusant d’abattre ses cartes en commission. Quel(s) coup(s) réserve-t-elle pour le débat budgétaire de décembre? Elle commencera probablement par se défouler sur le million rajouté pour la solidarité internationale, l’aide aux primo-arrivants et la régularisation des derniers emplois de solidarité (EdS). Tout un projet de société. I

 
Le Courrier
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