Dimanche, 24 septembre 2017

Constater et agir

Jeudi 22 septembre 2016

Le rapport sur la pauvreté livré par le Conseil d’Etat genevois a de quoi inquiéter. Il vient étayer les craintes soulevées par l’augmentation de 100 millions de francs dévolus à l’aide sociale dans le projet de budget 2017 du canton.

En 2014, ce sont près de 64 000 personnes qui ont dû recourir à une aide sociale au sens large. Et encore, les professionnels du social soulignent que le rapport n’a pas tenu compte de 2015, année qui aurait vu la situation se péjorer. Là où les signaux sont au rouge vif, c’est quand on considère la population à risque, celle qui pourrait très vite basculer dans la précarité. Environ un Genevois sur cinq! Un facteur de pauvreté attire en particulier l’attention: le déficit de formation.

Autre constat qui sonne comme un échec cuisant: un travail, même à plein temps, ne protège pas nécessairement du risque de pauvreté et le phénomène des working poor est vraisemblablement amené à augmenter dans les années à venir. Car, à Genève, les écarts salariaux se creusent. Les bas salaires stagnent ou leur hausse est minime, tandis que les hauts revenus augmentent confortablement. Le tout dans un contexte d’un coût de la vie très élevé dans le canton. Le rapport souligne que, sans des actions sur l’accès au logement ou sur les salaires, il faudra s’attendre à une augmentation des personnes à l’aide sociale et à ce que celle-ci soit de moins en moins une période transitoire.

Sans changement de cap dans les politiques salariales, l’État devra donc renforcer son filet pour prendre toujours plus le relais d’employeurs qui n’assument pas leurs responsabilités. Le tout en sachant que ce même État s’apprête à vider ses caisses pour offrir aux entreprises le cadeau fiscal du siècle. Comment les autorités passeront-elles des constats à l’action pour s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté? Sans moyens et sans contraindre les patrons à réduire les écarts salariaux?

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