Un hôpital psychiatrique réaffecté à l’accueil des requérants d’asile
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NEUCHÂTEL • L’ouverture d’une nouvelle structure de premier accueil sur le site de Perreux permettra de fermer l’abri PC de La Chaux-de-Fonds et de désengorger les centres de Couvet et de Fontainemelon.
Ce n’est pas totalement une surprise, mais néanmoins le conseiller d’Etat Thierry Grosjean a tenu parole: une solution pour accueillir les requérants d’asile dans le canton de Neuchâtel a été trouvée, comme annoncé, avant la fin de l’année. Dès 2012, une nouvelle structure d’accueil sera ouverte sur le site de Perreux, à Boudry, en lieu et place du Centre neuchâtelois de psychiatrie (CNP), qui a déjà quitté en partie les lieux pour rejoindre le site de Préfargier où le pôle hospitalier de la psychiatrie de l’adulte doit être centralisé.
Ce nouveau site permettra de déplacer une partie des requérants se trouvant dans les centres de premier accueil de Couvet et de Fontainemelon, surchargés, mais surtout de fermer l’abri de protection civile de Bois-Jean-Droz à La Chaux-de-Fonds. La structure avait été ouverte début mai à titre provisoire pour faire face à l’arrivée croissante de demandeurs d’asile à la suite des événements du Printemps arabe, mais une partie des requérants s’étaient opposés à leur installation dans ce lieu borgne. Quant aux dix-sept lits loués en octobre dans les bâtiments de l’école d’agriculture de Cernier pour soulager les centres de premier accueil, ils pourront aussi être abandonnés.
Solution idéale
Selon Thierry Grosjean, la solution trouvée sur le site de Perreux est idéale. «L’abri PC de La Chaux-de-Fonds nous a permis de faire face à l’urgence, mais la situation migratoire ne s’améliorant pas, une solution plus durable s’imposait. Perreux est un site exceptionnel et le bâtiment prévu correspond exactement à ce que l’on veut offrir. De plus, cela soulage le CNP de la charge de ce bâtiment qui appartient à l’Etat.» Mais toute idéale que soit cette solution interne à l’Etat, celle-ci ne sera pas définitive puisqu’en 2015, le Conseil d’Etat devra décider de la réaffectation du site de Perreux dans son ensemble. «Cela nous laisse le temps de voir venir», estime le conseiller d’Etat.
Du côté de La Chaux-de-Fonds, la fermeture de l’abri de Bois-Jean-Droz constitue un soulagement. Le conseiller communal en charge de la Sécurité Pierre-André Monnard a en effet répété à plusieurs reprises que l’ouverture de la structure avait été acceptée dans la mesure où il y avait urgence et qu’il s’agissait d’une période temporaire. Car outre les nombreuses bagarres et interventions policières, ainsi que la saisie de drogue, de téléphones portables et d’argent douteux lors d’une descente de police orchestrée à mi-septembre, l’exécutif déplorait également le cloisonnement que subissaient les requérants.
Pas de consultation
Quant au président du Conseil communal de Boudry Jean-Pierre Kreis, il affirme avoir été informé lundi par Thierry Grosjean de la décision d’installer des requérants sur le site de Perreux. «Nous n’avons pas été consultés, mais ce n’était pas non plus une surprise. Cela faisait des semaines que des bruits couraient. Nous ne sommes cependant pas intervenus car une solution devait être trouvée et qu’il faut arrêter de se refiler la patate chaude. Il n’y avait pas matière à refuser.» Mais d’ajouter qu’il sera le premier à réagir si des problèmes de sécurité devaient se poser.
Pour le chef du Service des migrations Serge Gamma, le problème qui se posera à lui dans l’immédiat sera de trouver du personnel supplémentaire pour la nouvelle structure. «Ça peut prendre du temps et en attendant le personnel devra faire face à une pression encore plus forte que celle qui existe déjà actuellement», note-t-il.
Pour rappel, le canton de Neuchâtel, qui doit accueillir 2,4% du total des personnes déposant une demande d’asile en Suisse, a vu le nombre d’arrivées augmenter de 40% par rapport à la même époque en 2010 (quatre cent vingt entre janvier et octobre 2011). I





