Un demi-milliard à investir, surtout dans les agglomérations
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ANNONCE • Le Château a mis trop d’argent de côté pour la péréquation fédérale. Il l’injectera dans des projets vaudois. Réactions prudentes.
Le principe de précaution a été appliqué avec excès, en matière de finances publiques vaudoises. Le canton avait mis de côté 522 millions de trop pour la péréquation fédérale, comme annoncé début juillet. Cette manne sera réinjectée dans un plan de mesures de «soutien à l’environnement économique». Pascal Broulis en a présenté hier l’esquisse. De nombreux éléments doivent encore obtenir l’aval du parlement.
C’est en novembre que le Conseil fédéral validera officiellement le nouveau mode de calcul de la péréquation, qui allège considérablement les finances vaudoises. Mais d’ores et déjà, les Vaudois sont sûrs de pouvoir dépenser ce demi-milliard, disponible dès cette année. Il faut dire aussi que la torpeur des grandes vacances n’a pas retenu les partis pour donner des idées au radical, président et ministre des Finances. Le plan consiste à répartir le flouze en six paquets de poids très divers.
Agglomérations d’abord
Le premier paquet, destiné aux agglomérations, pèse pas moins de 325 millions. Il profitera aux agglomérations Lausanne-Morges (PALM), d’Yverdon (AggloY) et à l’agglomération franco-valdo-genevoise (AFVG). Ces trois «projets phares» sont déjà déposés et attendent un financement global de près de 700 millions. Le financement fédéral annoncé, de 280 millions, sera complété par cette nouvelle part cantonale «déterminante». Ainsi, à Lausanne, le canton paiera une part des études pour le métro M3. Les deux autres projets d’agglomération profiteront aussi de ce premier paquet: ceux de la Riviera et du Chablais, qui doivent être déposés à la fin de l’année.
L’économie «en souci»
Les paquets suivants semblent moins définis. Les énergies renouvelables bénéficieront du deuxième paquet, de 100 millions. Le solaire est notamment concerné: le fonds cantonal de l’énergie ne disposait que de 8 millions, alors que 16 millions ont été en réalité octroyés. «Les gens sont intéressés à améliorer l’enveloppe énergétique de leur maison et passablement d’entreprises vaudoises produisent des capteurs», relève le président: il s’agit de «100 millions pour enrichir toute la réflexion qui touche au domaine des énergies renouvelables».
Le troisième paquet «a été très bien accueilli par les milieux économiques qui sont très en souci», relève Pascal Broulis. Les secteurs de pointe tournés vers l’exportation bénéficieront de 50 millions pour «créer des filières nouvelles et réinsérer des personnes». Les mesures comme le chômage technique ou le chômage partiel seront complétés par une part cantonale «permettant de réfléchir à des mesures d’accompagnement en matière de formation».
Quant aux trois derniers paquets, ils sont plus modestes: 10 millions pour l’aide au démarrage des crèches et garderies, 10 millions pour accompagner les communes dans la construction de logements, par le financement d’une partie des coûts de l’emprunt. Enfin, 5 millions sont affectés à la promotion des places d’apprentissages.
«Dans le bon sens»
Seul le Parti socialiste s’est fendu d’un communiqué saluant «une politique anticyclique salutaire mais toujours insuffisante pour soutenir les structures d’accueil, le logement et le pouvoir d’achat». Les socialistes applaudissent «les déclarations d’intentions» d’hier et plaident en faveur de leur initiative «Pour un rabais d’impôt qui protège les assurés» et de la motion de l’ancien député Grégoire
Junod (municipal lausannois) demandant un fonds d’infrastructures de 2 milliards. Il relève que les investissements «n’auront de réels effets que s’ils sont pérennisés et si des budgets de fonctionnement sont ensuite accordés».
Secrétaire politique des radicaux, Gilles Meystre salue «un signal qui va dans le bon sens des investissements et des infrastructures». Le groupe radical examinera le plan «en détail». «Ce qui ne sera pas dû à la Confédération doit être utilisé pleinement, mais il ne faut pas céder au chant des sirènes: la situation de la BNS, à cause du franc fort, fait courir un grand risque de ne pas toucher la part de plus de 100 millions qui est attendue, et l'initiative socialiste coûte 250 millions.» Quant aux baisses d’impôts demandées par les libéraux, cette semaine: «Les radicaux ne ferment pas cette porte.» I





