Jeudi, 25 août 2016

Perles minimalistes

Samedi 27 août 2011

On retrouve dans ces courts textes le ton inimitable et tout en demi-teinte qui traversait Nouvelles de personne (Le Courrier du 17 octobre 2009). Dans ce nouveau recueil, judicieusement intitulé Nouvelles de rien et lui aussi édité en version bilingue français-anglais, Hélène Richard-Favre continue de dévider le fil de vies minuscules avec humour et tendresse, et mêle une pointe d’absurde à un remarquable travail sur la langue. Dans de brefs dialogues ou monologues, des voix de femmes et d’hommes s’élèvent pour raconter leur histoire: cette oralité transposée forme une mosaïque de paroles singulières, de récits insolites ou douloureux, d’où surgit l’image d’un monde fragile, contradictoire et drolatique. Linguiste et slaviste genevoise, l’auteure demeure en permanence en équilibre sur le fil de l’étrange et semble jouer sur les failles du langage, dans les silences, entre les lignes, détournant la parole pour en exposer l’envers, ses marges et ses confins.
Histoires de couples, de deuils, de vieillesse, de mémoire et d’oubli, histoires d’espoirs et de paranoïas, elles tiennent en quelques lignes et tirent leur force de cette économie de moyens, de leur précision tendue et de la tonalité particulière des voix qui les portent. Avec sobriété et un art consommé de la chute, Hélène Richard-Favre livre ainsi de petits bijoux minimalistes qui oscillent entre folie et raison, drame et fantaisie et, sans avoir l’air d’y toucher, questionnent le monde et le langage.

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