Mardi, 21 mai 2013

Nouveaux licenciements subits et contestés chez Tesa

JEUDI 19 AVRIL 2012

RENENS • Quelques mois après le renvoi de deux délégués du personnel, l’entreprise a congédié trois ouvriers. Unia dénonce une chasse aux sorcières.

Le climat social paraît toujours très tendu chez Tesa, le fabricant d’instruments de mesure basé à Renens, où trois ouvriers de production ont récemment été congédiés sans motif. Le 19 mars, ces employés ont appris sur leur lieu de travail leur renvoi immédiat. Ils comptent saisir les Prud’hommes pour licenciement abusif. La firme, filiale du groupe suédois Hexagon, se refuse à commenter sa décision; sa porte-parole Floriane Jacquemet invoque «des raisons évidentes de confidentialité et de protection de la personnalité».

Gestion critiquée
«Sur le plan professionnel, on n’a strictement rien à leur reprocher», relève Abdou Landry, secrétaire syndical d’Unia, qui parle d’«une chasse aux sorcières». Selon lui, ces salariés font les frais de leur soutien à la commission du personnel, qui s’était opposée à l’introduction de la semaine de quarante-cinq heures. Dans le cadre d’un plan de réduction des coûts dévoilé en août dernier, l’entreprise préparait un allongement hebdomadaire de cinq heures sans compensation salariale.
Ces renvois surviennent aussi quelques mois après celui de deux membres de la commission du personnel. Ces employés, accusés par l’entreprise d’être à l’origine d’une pétition interne critiquant certaines méthodes de gestion, avaient été licenciés avec effet immédiat pour faute grave. Unia avait dénoncé le caractère abusif de ces renvois, estimant qu’ils procédaient d’un acte de représailles à l’encontre des représentants du personnel.
Devant le refus de Tesa de réintégrer les deux employés, le syndicat avait appelé sa direction nationale à se retirer du partenariat social avec la fédération patronale Swissmem (notre édition du 22 novembre dernier). Cette demande est toujours pendante, alors que les négociations pour le renouvellement de la convention collective nationale pour le secteur des machines doivent débuter d’ici à l’automne.
Pour Unia, le cas Tesa est emblématique d’un manque de protection des délégués syndicaux en Suisse. Le syndicat réfléchit d’ailleurs à renouveler sa plainte contre le Conseil fédéral auprès de l’Organisation internationale du travail, révèle Abdou Landry

Vote téléguidé
A la suite du licenciement des deux délégués, les autres membres de la commission du personnel de Tesa ont presque tous jeté l’éponge. Depuis, une nouvelle délégation a été désignée. Mais un doute plane sur le déroulement de l’élection, à laquelle Unia n’a pas été invité à assister comme d’ordinaire. «Ce qui m’a été rapporté par les travailleurs, c’est que le vote a été téléguidé par la direction», déclare Abdou Landry. Il en veut pour preuve qu’un membre de la délégation patronale qui participait aux négociations avec le syndicat a été désigné comme représentant des salariés. De son côté, la direction de Tesa se défend de toute irrégularité. «La commission d’entreprise a été élue par le personnel selon le règlement de la convention collective, rédigé en accord avec Unia», affirme Floriane Jacquemet. I

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