MARCO
GREGORI
TUDE
Un travail de recherche de deux étudiants genevois
tend à montrer qu`un enfant n`a pas davantage de risque
d`être élevé par des parents homosexuels que
par des géniteurs hétérosexuels.
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Etre
homosexuel et parent? Impossible clame la conseillère fédérale
Ruth Metzler - et elle n`est pas la seule - qui dans son projet
de partenariat ne prévoit pas de droit à l`adoption
pour les couples de même sexe. Pourtant des enfants vivent avec
des parents homosexuels soit après avoir été adoptés
soit en tant que progéniture naturelle d`un des deux membres
du couple. Deux étudiants de l`Institut d`études
sociales de Genève Magali Bandelier et Philippe Kaiser se sont
penchés sur cette réalité méconnue ou occultée
et viennent de publier Vivre et se développer dans une famille
homoparentale.
BRICOLAGE
Au cours des 160 pages de cette recherche un constat émerge:
l`obstacle majeur auquel se heurte la famille homoparentale est
d`ordre sociétal. «Nous avons constaté que
les parents font tout pour que leurs enfants et leur famille soient
intégrés dans la société. Cependant il
semblerait que la tâche soit rude et que la société
actuelle ne soit pas majoritairement prête ni à tolérer
ni à accepter que des homosexuels puissent élever des
enfants. En effet bien qu`elle ait évolué ces dernières
années en matière de tolérance concernant les personnes
homosexuelles elle reste intransigeante lorsqu`il est question
de la place des enfants dans de tels couples. Pourtant au vu de ce
que nous avons constaté au niveau du développement des
enfants vivant dans des familles homoparentales il n`existe pas
à notre avis de différences significatives qui pourraient
nous faire craindre le pire pour ces enfants» écrivent
les auteurs.
Globalement les professionnels genevois du secteur des mineurs - Tuteur
général assistants sociaux éducateurs Service
médico-pédagogique (SMP) etc. - corroborent cet avis.
Ils ne voient pas de contre-indication psychologique liée à
l`identité ou aux repères traditionnels pour un
enfant à être élevé par une famille monoparentale.
Ils ne minimisent pas non plus l`obstacle social. Ainsi un psychiatre
du SMP note que «à partir du moment où vous êtes
différents cela pose un problème malgré tout.»
Au fond que le phénomène de l`homoparentalité
sorte de son aspect très minoritaire et la société
lui portera un autre regard telle est la théorie de ce médecin
du SMP.
En attendant une hypothétique reconnaissance sociale et juridique
les parents homosexuels «bricolent». Schématiquement
deux cas de figure se présentent. D`un côté
l`homoparentalité désirée par le couple. De
l`autre l`homoparentalité consécutive à
un divorce d`une union hétérosexuelle. Quoi qu`il
en soit les deux auteurs de la recherche ne sont pas tendre à
l`égard des écueils légaux que doivent affronter
les parents homosexuels: «Prenons la situation d`un enfant
élevé par un couple de lesbiennes vivant en Suisse (celui-ci
étant l`enfant biologique de l`une d`elles). Cet
enfant se voit refuser le droit à la reconnaissance juridique
de sa situation familiale et ce jusqu`au déni de son droit
à vivre avec deux femmes.»
«FAMILLES
PARFAITES»
Ces familles atypiques Magali Bandelier et Philippe Kaiser en ont rencontré
six. Verdict: rien à redire. Franchise dans les relations avec
leurs enfants clarté avec l`entourage volonté de
ne pas «ghettoÏser» le noyau familial «pour
nous c`était des familles parfaites» nous confie
Philippe Kaiser. En clair ni lui ni sa collègue ne sont dupes:
les familles rencontrées l`on été sur une
base volontaire et spontanée. Cela signifie qu`elles se
sentent à l`aise pour parler de leur réalité.
De plus sur les six interviews cinq concernent des couples lesbiens.
Il n`y a donc pas matière à généraliser
avertissent les deux auteurs.
Pourtant Philippe Kaiser et Magali Bandelier sont péremptoires
lorsqu`ils affirment: «Pour nous une chose est sûre
c`est que les homosexuels ont autant de probabilité d`être
de bons ou de mauvais parents pour leurs enfants que les hétérosexuels.
Les risques de faux pas de désinvestissement sont identiques.»
Enfin s`ils plaident pour un assouplissement du cadre juridique
Magali Bandelier et Philippe Kaiser ne militent pas ouvertement pour
une légalisation pleine et entière de l`homoparentalité.
«Tel n`était pas le but de cette étude relève
Philippe Kaiser mais plutôt d`ouvrir une réflexion».
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