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La Fanfare du Loup aiguise son appétit

Paru le Mercredi 26 Octobre 2005
   DELPHINE GOLDSCHMIDT-CLERMONT    

Culture CONCERTS - Le collectif genevois entame sa première saison. L'occasion de revisiter dix ans de «concerts spectaculaires».
Plus de vingt-cinq ans d'existence ont attisé la gourmandise de la Fanfare du Loup. Cette année, le collectif jazzy genevois s'est donc concocté un menu à sa mesure: cinq concerts à l'Alhambra et autant de bals itinérants constitueront la toute première saison de son histoire. Coup d'envoi demain soir, avec des compositions de Nino Rota pour une plongée dans l'univers fellinien (1). Rassemblée initialement par des projets ponctuels du Théâtre du Loup ou de la compagnie Jean-Louis Hourdin, la Fanfare du Loup vole de ses propres ailes depuis 1996. Dès lors, une ou deux fois par an, les treize musiciens du collectif se sont fait remarquer par des productions ou la musique tutoie théâtre, lumière et effets spectaculaires. Un dynamisme que résume fort bien le nom de leur création de décembre dernier: Boum, opéra bruyant.


Pas trop sage

La saison qui s'amorce retrouvera plus de sérénité. «Nous avons envie de revenir à l'essence même de la Fanfare du Loup, explique Philippe Clerc. A savoir des musiciens qui interprètent, composent, improvisent». Le coordinateur de la Fanfare du Loup promet qu'elle ne se transformera pas en orchestre sage pour autant.
Le programme de la saison, aux allures de rétrospective, propose de se replonger dans l'ambiance des spectacles des dix dernières années. Chacun des concerts réserve aussi deux nouvelles pièces composées par des membres du collectif.
Après les extraits de musique de films de Fellini à (re)découvrir demain soir, les prochains concerts s'inspireront plus étroitement des anciens spectacles. Le 15 décembre, ce seront des morceaux composés pour La Chèvre de Monsieur Seguin (lire encadré), Hors de portées, Novecento et Le Bal perdu. Suivra une incursion dans les sonorités du sud avec des reprises du spectacle El Halia (le 16 février). Enfin, après une carte blanche laissée à deux musiciens du collectif, Yves Cerf et Yves Massy (le 27 avril), la saison se terminera sans discrétion par... une version concertante de Boum, opéra bruyant (le 18 mai).


Musique d'avenir

Les musiciens s'enorgueillissent aussi de savoir mener le bal. Mambos, ska, rock, valses, tangos, ils proposent cette année un répertoire tout neuf. Le premier bal de la saison a fait danser fin septembre la Fureur de lire, les prochains s'approprieront le Chat Noir à Carouge (27) novembre), le Sud des Alpes de l'AMR (27 janvier), le Grand Café de la Parfumerie (26 mars) et la Comédie (9 juin). La Fanfare du Loup ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Pour les saisons à venir, les projets sont légion: reprises, nouvelles compositions de musiciens de la Fanfare, et pourquoi pas carte blanche à des invités. «Mais c'est de la musique d'avenir», sourit Philippe Clerc. «Parce que la Fanfare du Loup est bien loin d'avoir épuisé tout le potentiel de ses propres musiciens.»
Note : (1) A 20h à l’Alhambra, 10 rue de la Rôtisserie, Genève. Rés: 079 467 22 21. www.fanfareduloup.ch



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Une chèvre croquée en fanfare

   DELPHINE GOLDSCHMIDT-CLERMONT    

La Fanfare du Loup en veut à la Chèvre de Monsieur Seguin. Fin 2002, le texte d'Alphonse Daudet lui inspirait une création sur la scène du Théâtre du Loup. Cette année, les musiciens récidivent: associés aux éditions Quiquandquoi, ils publient un livre-CD dédié à la chevrette éprise de liberté. Autour du texte de Daudet – dit par le comédien Jacques Probst –, les musiciens tissent des atmosphères subtiles. Saxophones, cuivres, guitare, contrebasses et autres percussions soulignent la douceur de l'herbe verte, suggèrent la menace de la nuit qui approche...
La fable trouve aussi une force visuelle exceptionnelle grâce aux illustrations d'Anne Wilsdorf. Le texte, caché derrière des rabats à déplier, laisse le champ libre à des dessins rugueux en noir et orange, qui confèrent à l'histoire une profondeur à la fois tendre et terrifiante.
Note : «La Chèvre de Monsieur Seguin», éditions Quiquandquoi, 2005.



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