DIDIER ESTOPPEY
C'est parti! C'est avec le soutien d'un ciel clément que la Caravane pour la Palestine et l'application du droit international a quitté hier matin Strasbourg pour Jérusalem, où elle doit arriver le 19 juillet. Première étape: Genève, où une délégation de caravanistes a été reçue à l'ONU. Avant de prendre la direction de la place Neuve où, à l'invitation du Collectif Urgence Palestine, de nombreux sympathisants étaient venus saluer les messagers de la paix. Une cinquantaine de véhicules partis de plusieurs pays européens forment la caravane, qui devrait être renforcée au fil des différentes étapes du voyage.
«Nous sommes des hommes et des femmes militant pour le respect du droit international, seul garant possible de la paix», est venue expliquer Claudine, une des participantes au voyage. «Notre initiative émane de la société civile, car c'est à nous, citoyens, de nous mobiliser fasse à l'incapacité de nos gouvernements de faire appliquer le droit.» Un appel auquel est venu faire écho Tobias Schnebli, du Collectif Urgence Palestine, en appelant à signer largement la pétition exigeant de la Suisse qu'elle mette un terme à sa collaboration avec l'industrie d'armement israélienne.
Rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation, Jean Ziegler s'est quant à lui autoproclamé porte-parole du «peuple genevois» pour souhaiter la bienvenue aux caravanistes: «Genève est fière d'avoir été choisie comme première station de cette longue marche vers la Terre sainte.» Lançant un appel aux peuples européens pour qu'ils fassent pression sur Bruxelles en vue du gel des importations en provenance d'Israël, le sociologue genevois a souligné aussi la nécessité de la pleine application de la «feuille de route» négociée il y a trois ans: «Gaza est un immense camp de concentration. Que les gardiens s'apprêtent aujourd'hui à quitter le camp est une bonne chose. Mais il n'y aura ni paix, ni justice, ni avenir sans un retrait inconditionnel de tous les colons de Cisjordanie.» DEy