ISABELLE STUCKI
«Démocratiquement inqualifiable!» Ainsi Denis Knoepfler, professeur titulaire de la chaire d'archéologie classique et d'histoire ancienne, qualifie-t-il la manoeuvre du doyen de la Faculté des lettres et sciences humaines, Richard Glauser.
Lundi, le Conseil de Faculté a mandaté Richard Glauser pour rouvrir le débat au sein du Conseil de l'Université qui devrait donner aujourd'hui son avis sur le plan d'intentions du rectorat. Et cela d'autant plus que, pour sauver l'italien et une partie du grec, l'Institut des Sciences de l'éducation s'est dit prêt à renoncer à une chaire et que l'Institut de journalisme est d'accord de céder une demi-chaire.
Mardi matin, par courrier électronique, Richard Glauser (que nous avons tenté en vain d'atteindre) a annoncé qu'il se dégageait de cette responsabilité. Mais que, vendredi, il laisserait le soin au Conseil de la Faculté de lui demander de démissionner ou non. «C'est ahurissant! Vendredi, les dés seront jetés!», s'exclame Denis Knoepfler.
Réuni mardi soir, le Sénat (assemblée des professeurs) a quant à lui refusé à sa nette majorité le plan d'intentions tel que proposé par le rectorat. Il a dénoncé divers vices de forme dans la procédure suivie par le rectorat. «Nous ne sommes pas opposés à des réformes. Mais elles doivent se faire dans le respect de la loi comme des procédures paritaires et démocratiques d'un Etat de droit. Entre autres, nous soutenons la proposition de la Faculté des lettres et sciences humaines visant à sauver le grec et l'italien», précise le président du Sénat Philippe Terrier.
Lors de sa réunion du 16 décembre et en la présence de dix-sept de ses membres, le Conseil de l'Université avait accepté par 6 voix contre 5 la planification des postes de professeur en Faculté de lettres et sciences humaines projetée par le plan d'intentions. Représentant de la Fédération des étudiants neuchâtelois, Jerôme Paccolat remarque que sa camarade étudiante, peu attentive, avait alors oublié de voter! «Si ma collègue avait été à son affaire, Michèle Berger-Wildhaber aurait dû trancher. Demain soir (aujourd'hui, ndrl), cela va se jouer très serré.» ISi