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de leurs «petits frères»

Paru le Vendredi 22 Octobre 2004
   VALENTINA CURINA    

Genève ÉCHANGE - Des indigènes de Colombie ont rendu visite hier aux étudiants de l'Ecole de commerce et collège André Chavanne. Pour leur transmettre un message de dialogue et de respect.
Silencieux et encore un peu endormis, les élèves de l'Ecole de commerce et collège André Chavanne ont commencé hier leur journée par la rencontre de trois shamans Kogis. Venus à la rencontre des ceux qu'ils appellent les «petits frères», Marcos, Miguel et Marcelo font un voyage en Europe pour apporter un message alarmant face à la destruction environnementale que subit la région où ils vivent, et qui symbolise la «maladie» dont souffre la Terre dans son ensemble.
Jean-Jacques Liengme, enseignant en géographie et éducation civique à André Chavanne, parle depuis plusieurs années à ses étudiants de l'ethnie amérindienne des Kogis. Leurs terres sont prises entre les colons, les narcotrafiquants et les paramilitaires qui sévissent sur la Sierra Nevada de Santa Marta, dans le nord de la Colombie. Le Kogis ne seraient plus que douze mille aujourd'hui. Jean-Jacques Liengme a saisi l'opportunité de leur présence en Europe pour organiser une rencontre avec ses élèves.

DIALOGUE

En guise d'introduction, le Français Eric Julien[1], géographe qui connaît les Kogis de longue date, a présenté un film demandé par les indigènes eux-mêmes. Un appel au respect de la nature et au dialogue avec les anciens qui a lancé la discussion. Comment faites-vous pour vous soigner? Des Kogis quittent-ils leur village? Acceptez-vous des étrangers? Quel rôle jouent les femmes dans votre communauté? Les questions ont fusé d'une salle comble, intriguée et parfois amusée. «Les femmes jouent un rôle central dans la structure sociale des Kogis», explique Eric Julien, interprète des laconiques réponses indigènes. Qui souligne qu'au sein de la communauté, «tous ses membres sont considérés comme égaux».
Quant à la médecine kogi, Eric Julien peut en parler en connaisseur, lui qui fut soigné de plaies profondes et d'un oedème pulmonaire par les indigènes. De plus, ceux-ci pratiquent surtout une médecine préventive, expliquent de concert shamans et géographe français.


PAS DE FATALISME

Après l'échange, les réactions étaient à l'image de l'interrogation de cette étudiante: «Comment faire pour réagir à la «maladie» de notre monde quand on est pris dedans?» D'autres ont évoqué la possibilité d'aller rendre visite aux Kogis sur leurs terres, une jeune fille précisant même qu'elle se verrait bien vivre, comme eux, dans la nature.
Attentifs et impressionnés, les étudiants se sont dits sensibles au message de ces indiens de Colombie qui souhaitent juste continuer à vivre comme ils l'ont toujours fait. «C'est leur droit», a simplement concédé un étudiant. Qui, avec ses camarades, refuse la fatalité. La pause terminée, ils sont repartis en cours avec l'idée d'un possible jumelage entre leur école et l'Ecole de la nature et des savoirs, que les Kogis souhaiteraient mettre en place sur leurs terres, ou de camps scolaires en Colombie.
Note : [1]Auteur de Kogis. Le Réveil d'une civilisation précolombienne. Albin Michel, 2004.



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