«Ma couleur de peau n'a pas été un argument de campagne»
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Premier socialiste élu à la préfecture de la Sarine, premier préfet noir du canton, Carl-Alex Ridoré incarne le changement. Mais ne s'en revendique pas. Son ancrage est local, sa politique se veut prudente, ses convictions polies. Rencontre avec le nouvel élu qui entrera en fonction le premier septembre.
Ni autorité communale, ni cantonale, à quoi sert un préfet finalement?
Carl-Alex Ridoré: Dans le canton de Fribourg, le préfet a un rôle particulier et important. Il assume essentiellement trois tâches. Le préfet est d'abord un magistrat qui rend des décisions juridiques (permis de construire, autorité de recours pour les marchés publics, etc.). Il assure ensuite l'ordre et la sécurité publics. Il peut faire appel directement au commandant de la police. Finalement, il veille à une bonne collaboration intercommunale.
Les divisions de la droite ont-elles profité à votre élection?
Ce n'est pas le seul facteur déterminant, mais plutôt un cumul d'éléments. Le PDC (qui occupait la préfecture jusque-là, ndlr) a vraisemblablement négligé la formation de sa relève. J'ai mieux réussi à faire passer mes compétences propres: juriste et médiateur, élu communal et cantonal, etc.
Votre carrière politique a connu une ascension fulgurante. Le fait que vous soyez Noir a-t-il eu une influence?
Non. Ce qui a eu une influence c'est que je sois né à Villars-sur-Glâne. J'ai été particulièrement engagé au niveau politique, associatif et culturel. J'ai fait quinze ans de scoutisme, quinze ans de choeur. J'ai créé la Maison fribourgeoise de la médiation et je préside le centre d'accueil de jour Banc Public. C'est plutôt pour cet engagement de longue date que j'ai été élu.
Avez-vous l'intention de mener une action politique en faveur de la communauté noire de la Sarine, voire de Suisse?
Non, pas du tout. Je n'ai pas fait de la couleur de ma peau un argument de campagne. J'ai été élu par les habitants de la Sarine pour réaliser les tâches dévolues au préfet. Rien d'autre.
Que pensez-vous de la politique migratoire menée par la Suisse?
Globalement, je suis entièrement en phase avec les positions prises par le Parti socialiste sur ces questions. J'ai particulièrement travaillé sur la question de la libre circulation des personnes. J'ai toujours considéré que la Suisse devait mener une politique plus pro-active.
Mais que dire des lois sur l'asile et sur les étrangers votées en septembre 2006?
Le peuple s'est prononcé, il faut appliquer la loi. Mais je pense qu'on a utilisé les mauvais leviers. Il existe des problèmes réels, leur solution n'est pas la loi, mais une action concrète sur le terrain.
Qu'entendez-vous par problèmes réels?
Je fais référence à la rhétorique de l'abus de l'UDC. Mais ce n'est pas le centre mes préoccupations politiques. Le préfet n'a pas de compétences dans le domaine de la politique migratoire.
Quelle sera votre première action politique en septembre?
Le rôle de préfet a cela de passionnant qu'il est soumis aux aléas du moment. Je suis donc incapable de vous dire ce que sera ma première action. Mais mes priorités seront de travailler à la cohésion du district ainsi qu'à l'accompagnement de l'évolution démographique de la Sarine. Surtout au niveau des infrastructures nécessaires (sports, transports publics, crèches, résidences pour personnes âgées, etc.) I





