Mercredi, 22 mai 2013

Libéraux et radicaux devront vaincre le poids de l'histoire

MARDI 28 OCTOBRE 2008
FUSION - Alors que les deux partis nationaux ont entériné leur union ce week-end, les sections genevoises ne veulent surtout pas précipiter les choses.

Ce week-end, les Partis libéral et radical suisses se sont dit «oui». A Genève, la dynamique est lancée – il existe une feuille de route commune aux deux partis – mais on en reste pour l'heure au stade des fiançailles. Et personne ne semble vouloir brusquer les choses. En automne 2009, ce sont bien deux listes distinctes qui seront proposées en vue des élections cantonales. D'ailleurs, les statuts du nouveau Parti libéral-radical suisse, adoptés samedi par les délégués, sont relativement souples: les sections cantonales ont sept ans pour concrétiser leur union.

Résistances culturelles

Un délai bienvenu au bout du lac, puisque, comme dans les cantons de Vaud ou de Bâle-Ville, d'importantes résistances demeurent. «Au vu de l'histoire des deux partis, il faudra du temps», confirme Gabriel Bariller, député radical au Grand Conseil. Et de rappeler que les libéraux sont les héritiers du Parti démocrate (conservateur), contre lequel James Fazy, figure du radicalisme genevois, s'est battu arme au poing au milieu du XIXe siècle. «Certaines choses ne se gomment pas d'un jour à l'autre.»

«Rien d'insurmontable»

Une analyse que suit volontiers Yvan Slatkine, chef du groupe libéral au parlement genevois: «Il faudra vaincre certaines résistances historiques et culturelles. En ce sens, je ne vois pas de fusion à court terme. Il faut y aller tranquillement.» Mais sûrement. Car sur le plan politique, «les points de divergence sont minimes, poursuit le député libéral. A mon sens, le principal obstacle à une fusion rapide se situe au niveau du rôle de l'Etat. Paradoxalement, nous sommes assez en phase avec le Parti radical suisse, alors que sa section genevoise est davantage attachée à un Etat fort.»

«Les deux mouvements devront faire des concessions», reconnaît Gabriel Bariller, y compris sur cette question. Mais il n'y voit rien d'«insurmontable». De même que sur le dossier de l'éducation, autre pierre d'achoppement potentielle: «Il reste des points à régler, notamment sur la place de l'enseignement privé, explique-t-il. Nous, radicaux, sommes très attachés à une école publique, laïque, obligatoire et gratuite. Mais sur 90% des sujets, nous tombons d'accord.»

Dès lors, les démarches communes devraient petit à petit se multiplier. Une feuille de route a d'ailleurs été établie en vue du rapprochement des deux formations politiques. «Un premier séminaire a eu lieu ce printemps, qui a montré que nous avions très peu de divergences, relève Hugues Hiltpold, président des radicaux genevois. Et, première historique, nous tiendrons fin novembre une assemblée des délégués commune, au sujet des votations de février.»

Fusion en 2010?

Alors, à quand l'union sacrée? Le radical se montre plutôt optimiste: «Nous allons poursuivre les discussions structurelles l'année prochaine. L'idée serait d'arriver avec les statuts du futur parti au lendemain des élections cantonales d'octobre 2009, de sorte à concrétiser la fusion en 2010.» Un agenda qui permettrait aux Partis libéral et radical de faire liste commune aux élections fédérales et municipales de 2011, précise Hugues Hiltpold.

Reste à savoir si le mariage des anciens ennemis jouera en leur faveur, électoralement parlant. A Neuchâtel, l'expérience a été concluante, pointe le président des radicaux: «Dans le Val-de-Travers, le Parti libéral-radical a obtenu plus de voix que les deux anciennes formations cumulées ne l'avait jamais fait. C'est plutôt de bon augure.» I

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