Samedi, 25 mai 2013

Libéralisé, le marché du lait menace les producteurs

MERCREDI 18 AVRIL 2012
«Depuis 2009, les prix ont baissé d’un tiers pour les producteurs mais les consommateurs n’en profitent pas», a déploré hier à la Treille Rudi Berli, de la section genevoise d’Uniterre.
JPDS

GENÈVE • A l’occasion de la Journée de luttes paysannes, le syndicat Uniterre a revendiqué une meilleure régularisation du marché.

Depuis la libéralisation du marché du lait et l’abandon des quotas en 2009, les prix baissent. Trop, pour les producteurs laitiers genevois. Ces derniers ne sont plus que cinq. A l’occasion de la Journée internationale de luttes paysannes qui a eu lieu hier, le syndicat Uniterre organisait une action symbolique sur la promenade de la Treille. Il a insisté sur l’importance de réguler un marché qui engendre une surproduction considérable. Une pétition nationale a été lancée.
«Depuis 2009, les prix ont baissé d’un tiers pour les producteurs mais les consommateurs n’en profitent pas», dénonce Rudi Berli, de la section genevoise d’Uniterre. En outre, sur les 1,2 million de litres produits dans le canton, seuls 80 000 litres sont vendus sous le label «Genève-Region-Terre-Avenir» (GRTA), dont bénéficient les cinq producteurs genevois. Le label leur assure un prix «équitable» de 1 franc par litre, à la place 54 centimes normalement. Mais les deux principaux distributeurs refusent de le commercialiser.
 
Conviée par le syndicat, la magistrate Sandrine Salerno a fait part de la volonté de la Ville de Genève de continuer sa politique de soutien à la production locale. Faisant suite à une motion adoptée en 2009 par le Conseil municipal, des mesures ont déjà été amorcées. Dans la restauration de la petite enfance notamment, où des partenariats ont été conclus avec des producteurs locaux. Le Conseil administratif devrait d’ailleurs signer la pétition du syndicat. «C’est le combat de la société dans son ensemble que de se réapproprier le contrôle de la production alimentaire», souligne Sandrine Salerno.
Si le marché du lait constitue la préoccupation majeure du syndicat, d’autres secteurs sont en proie à des maux similaires. «L’année passée, la récolte de pommes de terre a été bonne et nos stocks sont pleins. Or, excepté les labels bio, on n’en trouve pas dans la grande distribution», regrette Rudi Berli.
Le 17 avril 1996, dix-neuf travailleurs ruraux du Mouvement sans terre étaient assassinés au Brésil par des tueurs à la solde de grands propriétaires terriens. Depuis, la Journée de luttes paysannes est commémorée chaque année dans plus de deux cent cinquante lieux de par le monde. D’autres actions ont eu lieu en Suisse, à Winterthur et à Neuchâtel notamment.
Théo Allegrezza
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