Les sans-papiers demandent leur régularisation collective
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«Un travail = un permis.» Hier soir, quelque quatre cent cinquante sans-papiers, réunis en assemblée générale sous l'auspice du syndicat SIT, ont réclamé la régularisation collective des travailleurs clandestins à Genève. Ils ont voté une résolution demandant au Conseil d'Etat de s'engager en ce sens auprès de la Confédération. Une façon de prendre au mot le gouvernement qui avait, par la voix du conseiller d'Etat Charles Beer, annoncé lors des Assises de la formation début avril sa volonté d'examiner les modalités d'une réactivation de la demande de régularisation de quelque 5000 sans-papiers. La démarche, entreprise en 2005, n'avait rien donné.
Les régularisations dites «de rigueur», soit au cas par cas à travers la demande d'un permis humanitaire, ne sont pas une réponse satisfaisante, martèle le secrétaire syndical Giangiorgio Gargantini. Car de 2001 à 2009, au niveau suisse, 1985 demandes ont été déposées – essentiellement en provenance de Genève et de Vaud – alors que les sans-papiers sont estimés à 150 000 dans le pays.
M. Gargantini ne voit pas dans une régularisation collective une «prime à l'illégalité», puisqu'il se place sur le terrain de la «légitimité» et de la «réalité». «La loi, nous l'avons combattue. Or ces gens sont là depuis parfois vingt ans, travaillent, paient des impôts, cotisent aux assurances sociales et sont nécessaires à l'économie», insiste-t-il.
Le Conseil d'Etat a-t-il concrétisé la déclaration de Charles Beer? Hier, impossible d'obtenir de réponses. Mais, selon nos informations, l'exécutif cantonal n'aurait pas l'intention d'appuyer une telle procédure, jugeant qu'elle n'aurait aucune chance d'aboutir, voire qu'elle risquerait de causer du tort à la voie du cas par cas. Une voie dont le président du Conseil d'Etat François Longchamp s'est d'ailleurs souvent félicité.
M. Gargantini ne sait pas si Berne serait plus ouvert aujourd'hui qu'en 2005. Mais le contexte est propice à la mobilisation après le vote du Conseil national en faveur de l'accès des clandestins à l'apprentissage le 3 avril, dit-il.
Le 14 juin, ce sera au tour du Conseil des Etats, plus conservateur, de se pencher sur ce dossier. Mais M. Gargantini se veut optimiste dans la mesure où l'idée a déjà conquis une majorité de sénateurs en commission. I





