Les rentes du deuxième pilier baisseront et plutôt deux fois qu’une
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RETRAITES • Le Conseil fédéral a abaissé hier le taux d’intérêt minimal de la prévoyance professionnelle. Et il concocte une autre potion amère.
Mauvaise nouvelle pour les assurés du deuxième pilier: leur capital de prévoyance professionnelle (LPP) va croître moins rapidement dès l’an prochain, ce qui, par ricochet, amènera à une baisse de leurs futures rentes. Le Conseil fédéral a en effet décidé hier d’abaisser le taux d’intérêt minimal de la prévoyance professionelle de 2% à 1,5%, soit le plus bas niveau jamais atteint.
Ce taux d’intérêt détermine la vitesse à laquelle grossit le bas de laine des assurés. Exemple: Madame X. possède un capital de 50 000 francs. En 2011, sa caisse de pension devra créditer son avoir de prévoyance professionnelle de 1000 francs supplémentaires. Pour un même capital, cette hausse ne sera que de 750 francs (–25%) dès 2012. La caisse de pension restera libre de servir un intérêt supérieur au plancher fixé par le Conseil fédéral, mais dans les faits, une telle générosité tient de l’exception.
Suivre les marchés
Dans un communiqué diffusé hier, le Conseil fédéral affirme que «cette adaptation du taux d’intérêt minimal tient dûment compte de l’évolution négative et des fluctuations actuelles des marchés financiers». Entre le 1er janvier 2011 et la fin octobre, le Swiss Market Index (SMI, qui réunit les 50 titres les plus importants de la Bourse suisse) a ainsi baissé de 11%, rappelle le gouvernement. Le marché suisse des actions est en berne, et dans le même temps, les obligations ne rapportent plus que des cacahuètes. «Une adaptation du taux d’intérêt minimal est donc justifiée», en conclut le Conseil fédéral.
Seul à décider, sans possibilité pour le parlement et le peuple d’intervenir, le gouvernement a suivi l’avis des experts de sa Commission LPP, qui prônait une baisse à 1,5%. Un compromis entre les demandes des assureurs et celles des syndicats. L’Association suisse d’assurances aurait souhaité un taux à 1%, au nom de «la sécurité financière de la prévoyance professionnelle».
Une autre baisse suivra
A l’inverse, l’Union syndicale suisse dénonce «un cadeau fait aux assurances». L’autre faîtière syndicale, Travail.Suisse, craint qu’avec un taux d’intérêt aussi bas, le deuxième pilier ne perde son attractivité et son soutien politique au sein de la population. Quant au Parti socialiste, il reconnaît que «les rendements atteignables sur les marchés d’investissement sont en chute libre». Mais il s’indigne du fait que «le gouvernement est toujours beaucoup plus rapide lorsqu’il s’agit de baisser les taux que quand il faudrait les adapter vers le haut». Las, pour les assurés du deuxième pilier, les mauvaises nouvelles ne sont pas terminées. Le conseiller fédéral Didier Burkhalter, en charge des assurances sociales, devrait relancer d’ici à la fin de l’année ou au début 2012 un projet de baisse d’un autre taux technique, le taux de conversion.
Pour faire court, si le taux d’intérêt minimal détermine la taille du gâteau de la prévoyance professionnelle, le taux de conversion définit la largeur des tranches servies annuellement aux rentiers. En mars 2010, le peuple avait rejeté à 72,7% un projet de baisse des rentes. Mais l’évolution des marchés financiers rend une baisse du taux de conversion quasiment inéluctable.
«Didier Burkhalter a compris le message du peuple», assure malgré tout son porte-parole Jean-Marc Crevoisier. Et si le rapport qu’il présentera préconisera probablement une baisse du taux de conversion, il comprendra aussi des mesures visant à améliorer la transparence des comptes des compagnies d’assurance, que la gauche soupçonne de s’en mettre plein les poches. Une gauche qui promet d’ores et déjà de se battre pied à pied contre une nouvelle baisse des rentes.







Tout y est
Merci à La Liberté pour ces information précises et détaillées!