Mercredi, 19 juin 2013

Les potagers sous la loupe des chimistes

VENDREDI 18 JUILLET 2003
SANTÉ - Le Service de protection de la consommation propose d'analyser fruits et légumes des jardins privés, afin de sensibiliser les particuliers sur les risques des résidus de pesticides.

Après les champignons, au tour des légumes et des fruits de jardins individuels de passer sous la loupe du Service de protection de la consommation (SPCO). Ce dernier a, en effet, décidé d'élargir ses services au grand public, pendant l'été. Chaque «jardinier du dimanche» peut ainsi demander une analyse gratuite de ses produits de la terre. Cette campagne s'adresse surtout à celles et ceux qui utilisent des pesticides et qui souhaitent contrôler la qualité de leurs cultures. Le SPCO souhaite ainsi sensibiliser le grand public à l'utilisation correcte des herbicides, insecticides et autres produits chimiques, leurs résidus pouvant être un facteur de problèmes de santé.
En Suisse, 500 pesticides sont homologués et se répartissent en différentes catégories. Selon le SPCO, les risques de trouver des résidus sont inégaux selon les aliments. Les racines (carottes, pomme de terre, radis, etc.) présentent rarement des excédents de pesticides. Au contraire, les salades ou les baies, ainsi que les cultures sous serre pendant l'hiver, subissent davantage de traitements chimiques, en raison de leur plus grande fragilité.

Laver ces aliments est donc recommandé, mais ne suffit pas à éliminer tous les résidus. Certains se trouvent à l'intérieur de la plante, véhiculés par la sève, qui contamine ensuite le fruit ou le légume.

RISQUES POUR LA SANTÉ

«Les résidus de ces produits chimiques peuvent provoquer, à long terme, des problèmes de santé importants», explique André Comineli, adjoint au chimiste cantonal. Ce dernier précise que «des troubles hépatiques sont à craindre car c'est surtout le foie qui a le rôle de détoxiquer l'organisme». «En cas d'intoxication aiguë, des réactions allergiques, des troubles hormonaux voire même cancérigènes, peuvent apparaître. Les effets d'une exposition chronique à faible dose sont, quant à eux, mal connus, peu d'études ayant été menées», peut-on lire sur le site du SPCO.

Pour des raisons de santé publique et de protection de l'environnement, des contrôles de résidus de pesticides sont fait tout au long de l'année dans les commerces.

L'Ordonnance sur les substances étrangères et les composants fixe les concentrations maximales de pesticides dans les denrées alimentaires. «Si les résidus proviennent de pesticides non autorisés ou si les résidus dépassent les normes fixées par l'Office fédéral de la santé publique, le fournisseur ou l'importateur est contacté et pénalisé», précise M. Comineli.

Les maraîchers professionnels, tout comme les petits jardiniers, doivent tenir compte des doses de pesticides indiqués sur les substances mais aussi du temps recommandé entre le traitement et la récolte.

ÉVOLUTION DES PRATIQUES

Depuis plus de trente ans, les contrôles se sont intensifiés. «Les analyses sont de plus en plus performantes et détaillées. Dès lors, le SPCO décèle de plus en plus de types de résidus de pesticides. Il n'est pas rare de trouver quatre à cinq résidus différents, mais dont les taux restent dans les normes. Les produits non conformes ont, eux, tendance à diminuer», analyse André Comineli.

L'adjoint au chimiste cantonal ne conclut pas que la multiplication des pesticides, en gardant un taux de concentration toléré, permet finalement de se soustraire aux exigences légales. Toutefois, la question se pose.

Aux dires d'André Comineli, «il peut arriver, en cas de vents importants, que des cultures biologiques soient contaminées par des champs voisins traités chimiquement». A plus petite échelle, le nuage d'herbicides du voisin pourrait bien contaminer vos salades.

 


Les échantillons (200 grammes par produit) à analyser sont à apporter au Service de protection de la consommation, quai Ernest Ansermet 22, tous les lundis jusqu'à fin août, de 8h30 à 11h30 et de 14h à 16h30. Les légumes qui se développent sous terre (carottes, pommes de terre, radis...) ne seront pas analysés, ne présentant pas de risques pour la santé. Les résultats des analyses seront transmis confidentiellement aux personnes concernées par courrier. Pour plus d'informations: 0223287511 ou www.ge.ch/consommation

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