Le ras-le-bol du personnel de la santé a éclaté dans les rues de Genève et en Valais.
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Les
blouses blanches du personnel soignant les blouses rayées des
employés de nettoyage et de cuisine les blouses bleues de la
maintenance et les «sans-blouses» du secteur administratif
se tenaient toutes au coude à coude hier matin sur le coup des
11 heures pour dire leur mécontentement. La plus forte mobilisation
dans le secteur de la santé à Genève était
évidemment visible dans les hôpitaux universitaires où
huit points de rencontre du personnel se sont remplis de gens protestant
contre leur situation de plus en plus défavorable.
Ainsi en deux minutes 500 employés ont envahi le nouveau hall
d`accueil de l`Hôpital cantonal tous porteurs du badge
demandant «des moyens pour la santé». Pour égayer
un peu la froideur de ces locaux un lâcher de ballons portant
ce slogan a même eu lieu à l`issue des discours syndicaux.
En parallèle la cafétéria de la Maternité
recevait 100 grévistes l`Hôpital des enfants 100
également tandis que 40 employés de Beau Séjour
se croisaient les bras.
Autres lieux même mobilisation la cafétéria de
Bel-Air a résonné des clameurs de 300 grévistes
l`Hoger en comptait 150 le Cesco 40 Jolimont une vingtaine et
70 employés débrayaient à Loëx. Si proclamer
une grève dans les soins à domicile n`a pas de sens
certains établissements médico-sociaux (EMS) ont aussi
connu leur quart-d`heure de grève ou d`action selon
leurs conditions propres comme à Butini où le personnel
soignant a bien suivi le mouvement et au Prieuré où l`entier
du personnel a débrayé selon les pointages effectués
par les syndicats.
ARRÊT POUR
RÉFLÉCHIR...
Enfin le Service de la santé de la Ville de Genève et
les étudiants de l`école Le Bon Secours ont aussi
participé à leur façon à la lutte unitaire.
Ainsi au total quelque 2000 personnes ont directement participé
à l`arrêt de travail genevois d`hier comptabilité
qui sous-estime toutefois le mécontentement réel en raison
de l`obligation d`assurer le service minimum auprès
des patients.
Partout - à Genève comme ailleurs en Suisse - le message
syndical était le même comme l`a résumé
Albert Nahory un militant du Syndicat des services publics de l`hôpital
cantonal. «Aujourd`hui nous nous arrêtons un petit
moment pour réfléchir à la situation dans le secteur
de la santé à notre situation» a-t-il proclamé.
«Après 10 ans de restrictions budgétaires nous
disons que tout va mal car nous manquons de personnel pour garantir
la qualité des soins nos conditions de travail ont été
dégradées nous en avons marre du mépris des employés
et du rabotage de nos salaire.»
Si le choix de mener la grève à 11 heures correspondait
d`une part à un moment creux dans les soins et d`autre
part à la brisure entre les équipes du matin et de l`après-midi
ce moment tombait en revanche pleinement dans le coup de feu aux cuisines
de l`Hôpital cantonal. Selon David Andenmatten militant
du Syndicat interprofessionnel des travailleuses et travailleurs l`arrêt
de travail observé par ce personnel en était d`autant
plus courageux et a d`ailleurs été chaleureusement
applaudi.
... ET AGIR...
«Il a fallu beaucoup de militants pour convaincre les travailleurs
des cuisines de quitter la chaîne de production. Mais ils l`ont
fait et cela constitue la plus grande victoire de la journée»
a-t-il même avancé. En effet ces employés connaissent
beaucoup d`»horaires à coupures» et certains
peuvent même effectuer des mi-temps répartis en trois plages
horaires journalières étalées sur douze heures
ce qui ne laisse aucune marge de manoeuuvre pour organiser la vie
de famille ou sociale.
De son côté Bernard Gruson directeur général
des Hôpitaux universitaires reconnaît volontiers qu`un
«malaise» certain existe dans le domaine de la santé
mais c`est le cas partout en Europe. Il comprend donc les revendications
syndicales et présent sur place admet le succès de la
mobilisation d`hier. Il relève toutefois que le recrutement
d`employés formés est difficile et que les horaires
sont «pesants».
Mais il se réjouit du déblocage de 30 millions de francs
dans le projet de budget 2002 permettant la revalorisation des salaires
infirmiers de deux classes soit environ 350 francs par mois la réduction
de l`horaire des médecins assistants de 57 à 55 heures
par semaine ainsi que la création de 56 nouveaux postes en psychiatrie
et de 104 plein-temps dans le domaine infirmier. Enfin M. Gruson pense
ne rien faire pour les employés «à horaires coupés»
dans le secteur hôtelier de l`hôpital car l`organisation
du travail ne permet pas d`arrangement et que seules 200 personnes
seraient touchées par cet inconfort. Mais il promet de voir ce
qu`il peut faire pour le personnel soignant.
... POUR L`AVENIR
Une affirmation que les orateurs de la manifestation du soir ont démenti
avec véhémence en invitant d`ores et déjà
le personnel soignant à répondre aux prochains rendez-vous
syndicaux car «les négociations n`avancent pas beaucoup».
En effet après le succès des débrayages - 17 000
employés en Suisse y auraient participé (voir page ci-contre)
- la journée genevoise s`est terminée devant les
bureaux du Département de l`action sociale et de la santé.
Quelque 800 manifestants ont fait le chemin du siège de la Fondation
des services de l`aide et des soins à domicile d`abord
pour se rendre devant la Maternité puis rejoindre la Vieille-Ville.
Où les discours ont à nouveau développé
les revendications du mouvement imprimées dans l`»Appel
à la population» (voir ci-dessous). Une représentante
de l`Association suisse des infirmières - également
organisatrice du mouvement - a enfin rappelé que les conditions
de travail du secteur rebutaient les jeunes à entreprendre une
carrière dans le domaine des soins privant la branche de relève.
La manifestation s`est achevée sur les messages de soutien
en provenance de la Communauté genevoise d`action syndicale
du Cartel intersyndical de la fonction publique et du Forum santé.
Avant que chacun rentre se mettre au chaud afin d`éviter
de surcharger encore le système de santé helvétique...
déjà bien malade.





