Mercredi, 19 juin 2013

Le Cartel intersyndical va durcir le ton de la prochaine grève

VENDREDI 07 MAI 2004
MOBILISATION - Dénonçant le refus du Conseil d'Etat de négocier rapidement, les syndicalistes de l'Etat précisent leurs demandes et leurs prochaines actions.

Le cahier de revendications voté par les grévistes de la fonction publique genevoise se décline à de nombreux niveaux. Le premier point demande l'ouverture de négociations avec le gouvernement, quand bien même le temps est compté pour y arriver. Selon Hervé Pichelin, parlant hier au nom du Cartel intersyndical des employés de l'Etat et du secteur subventionné, plusieurs projets de lois déposés par le Conseil d'Etat devant le Grand Conseil doivent être retirés avant même la session du Législatif des 13 et 14 mai.
Il s'agit des projets de Plan financier quadriennal, du programme GE-pilote et du frein aux déficits. Ce retrait laisserait un temps de discussion aux partenaires sociaux d'ici la session suivante du Grand Conseil. A défaut, ces textes partiront immédiatement dans le «tube» parlementaire et ne pourront plus être négociés directement par les syndicats.

Dans la même veine, ces derniers exigent le retrait du projet de loi de l'Entente visant à fragiliser le statut des employés, l'arrêt de toute forme de privatisation et le rapatriement dans le giron de l'Etat des services déjà externalisés. Le paiement des heures de grève est aussi revendiqué.

Pour l'immédiat, le Cartel réclame le respect total de la loi fixant les mécanismes d'ajustements des salaires dans le cadre du budget 2004 et le retrait de la loi supprimant l'indexation semestrielle des revenus. Il réclame aussi la création d'au moins 200 nouveaux postes, l'application de l'accord particulier signé avec la direction des Hôpitaux universitaires et l'octroi des moyens financiers nécessaires à la prise en charge des besoins croissants de la population par les institutions subventionnées.

DÉSACCORDS

De son côté, Robert Cramer, président du Conseil d'Etat, minimise l'impact de certains soucis du personnel. Il note par exemple que le blocage actuel des salaires lié à l'absence de budget voté –le recours aux douzièmes provisoires prorogeant les salaires de l'année dernière en 2004– est une privation ponctuelle sur six mois, voire douze mois si le budget n'est pas voté, mais sans préjudice pour 2005.

Il admet aussi que l'abandon de l'indexation semestrielle pour un rythme annuel est une perte pour les employés, mais reste un effort supportable. Surtout que les mécanismes salariaux sont garantis par le Plan financier quadriennal, dans une mesure «moins ample» que par le passé. Quant aux nouveaux postes, M.Cramer en voit environ 250 dans le projet de budget 2004 –même 600 en incluant l'Université et les Hôpitaux. Il soutient en effet que les 99 régularisations d'employés actuellement non titulaires correspond à un accroissement de l'effectif budgétaire de l'Etat.

On le voit, à ce stade, l'accord entre les protagonistes n'est pas grand. Les militants du Cartel intersyndical veulent donc durcir le mouvement de revendication pour le 14 mai, ont-ils annoncé hier. Ils se posent même la question de «tout bloquer» pour ne pas se laisser piéger par le «service minimum» exigé par le gouvernement et les directeurs de services.

Dans cet esprit, les instituteurs projettent la fermeture complète des écoles avec l'accueil des élèves dans les préaux. Pour «libérer» les grévistes, il serait même envisageable d'organiser ce «service minimum» avec un seul enseignant de piquet par école, épaulé par les associations de parents soutenant la lutte. Des contacts sont déjà pris dans ce sens, annoncent les syndicalistes de l'enseignement. Du côté des Hôpitaux, les militants s'orientent aussi vers une évaluation syndicale des besoins en service «vraiment minimum», tout en garantissant la sécurité des patients. Ils entendent ainsi s'opposer à la notion extensive développée par la hiérarchie, espèrent les activistes du secteur.

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