La SPG va lancer son référendum contre l’école le mercredi matin
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ENSEIGNEMENT • Jeudi soir, le Grand Conseil a voté une loi qui introduit l’école le mercredi dès la 3e primaire. Le peuple devrait avoir le dernier mot.
La Société pédagogique genevoise (SPG), le syndicat des enseignants du primaire, lancera le référendum contre le projet de loi introduisant l’école le mercredi matin pour les élèves à partir de la 3e primaire (5e Harmos). Interview de Laurent Vité, président de la SPG.
La SPG va-t-elle lancer le référendum annoncé?
Oui. Il n’y a eu, lors des débats, aucun élément susceptible de nous faire changer d’avis.
Pas même la promesse que les 4 ou 5 millions de francs récupérés pour cause d’abandon de l’accueil facultatif pour les petits degrés serviraient à financer des postes?
Heureusement qu’on se rend compte qu’il y a pénurie en la matière. Ces trente ou quarante postes sur huit cents classes sont vraiment la moindre pour faire face. La loi votée restreint les temps où l’on pouvait faire de l’enseignement individualisé, par exemple le matin avant 8 h 45. Désormais cette période s’achève à 8 h 30. On va avoir besoin des ces emplois pour donner de l’appui.
Qui vous appuiera dans ce référendum?
C’est nous qui devrons porter l’opération. Nous aurons le soutien de Solidarités, du MCG et de plusieurs associations de parents d’élèves, leur faîtière, le GAPP, étant plus divisé qu’il n’y paraît.
Que répondez-vous aux arguments selon lesquels la prise en charge du mercredi matin est utile aux milieux populaires?
Que cela va principalement bénéficier aux élèves qui ont déjà de la facilité. Si on veut aider les élèves en difficulté, c’est bien l’approche des REP (réseaux d’éducation prioritaires) qui doit être mise en œuvre. Avec des effectifs réduits, davantage d’appui et un soutien psychosocial au niveau de famille. Or, depuis vingt ans, on n’a eu de cesse de réduire l’appui. Quelque cent quatre-vingts postes de GNT (généralistes non titulaires) ont disparu en vingt ans, alors qu’il y a six mille élèves de plus.
On va accuser la SPG de faire du corporatisme.
Bien sûr. Nous nous y attendons. On en a entendu un bel exemple populiste jeudi soir dans la bouche de Nathalie Fontanet, députée libérale, qui a avancé l’argument éculé que nous ne travaillerions que cent cinquante jours par an. La vérité est – et toutes les études le montrent – qu’un instit’ fait bien ses quarante heures hebdomadaires. Mais il est vrai que cette réforme va causer de gros problèmes aux enseignants. Ils vont se retrouver avec des moments creux – sans classe – dans des bâtiments qui n’ont pas les salles leur permettant de travailler. On en est encore à attendre les ordinateurs promis pour les salles des maîtres.
Le nouveau plan d’étude romand (PER) oblige à caser un nombre supplémentaire d’heures. Si on ne les met pas le mercredi matin, quand seront-elles enseignées?
Le problème est qu’on ne sait toujours pas quelle est la véritable charge horaire impliquée par le PER. Nous avons demandé des éclaircissements à ce propos et n’avons eu que des réponses autojustificatrices: en gros, on nous dit qu’il faut une matinée de plus, mais sans explications claires. I





