La saisie de narcodollars profite à des gosses de Lima
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Banlieue sud de Lima: l'association péruvienne Redinfa lutte quotidiennement contre la consommation de drogues auprès d'une population jeune et précarisée. L'énorme travail de cette petite équipe de quatre personnes est en réalité financé par le fonds «Drogue ou développement?» du Canton de Genève, en collaboration avec l'ONG Genève Tiers-Monde. Elsa Bustamante et Rosa Lia Chauca, représentantes de l'association, présentaient hier à Genève le projet «Illary» (lever du soleil) qu'elles mènent depuis 2002 dans des quartiers défavorisés de la capitale péruvienne.
Populations à risque
«Les quartiers où l'on travaille sont en grande partie habités par des populations déplacées à la suite des violences politiques de l'insurrection du Sentier lumineux», explique Elsa Bustamante. «Ces personnes vivent dans un contexte de pauvreté extrême. La plupart d'entre elles survivent grâce au travail informel, dans le meilleur des cas, elles trouvent des emplois journaliers.»
On imagine aisément que les jeunes, «sans réelles possibilités d'études et sans espaces d'activités», sont la cible idéale des narcotrafiquants, pour la consommation comme pour la vente. «Les adolescents prennent de plus en plus de drogue et d'alcool, et de plus en plus tôt.» D'autant plus que les séquelles d'un passé violent se font sentir. «La dictature a beaucoup marqué les types de relations sur lesquelles les jeunes se basent. Ils cherchent systématiquement à résoudre les problèmes par la violence», poursuit-elle.
Dans un contexte des plus délicats, Redinfa travaille sur la base d'une approche psychosociale. «Il ne s'agit pas vraiment d'informer les jeunes sur les effets de la drogue ou de condamner sa consommation», reprennent les représentantes de l'association. «On les aide à développer leurs capacités d'organisation, leur sens des responsabilités, à renforcer leur identité, leur estime d'eux même. C'est tout un processus.»
Participation active
D'où la nécessité d'intégrer activement la communauté dans la démarche. Parmi les résultats positifs, elles citent l'organisation de groupes de jeunes qui ont participé à des actions de prévention contre la consommation de drogue. «Cela a permis de créer un dialogue avec les gens et de montrer une image d'eux mêmes plus positive. Mais on atteint certaines limites lorsque l'urgence prend le dessus et oblige les familles à laisser de coté le travail de longue haleine. Les parents se préoccupent de la survie avant la prévention, ce qui est tout à fait compréhensible.»
«On se rend compte que la consommation de drogue fait partie de tout un contexte social», estime Alejandro Mackinnon, de Genève Tiers-Monde. Il utilise d'ailleurs volontiers l'image du «vaccin» pour qualifier un travail qui permet essentiellement de «réduire les situations de risque.» I





