La «malédiction de Saint-Loup» exaspère les députés vaudois
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Depuis son entrée en fonction en décembre 2004, Pierre-Yves Maillard était plutôt habitué à jouer sur du velours devant le parlement. Hier pourtant, les députés vaudois ont donné du fil à retordre au ministre socialiste. En cause: l'incertitude qui plane toujours sur le sort de l'hôpital de Saint-Loup, à Pompaples. Irrité par la stagnation du dossier, le Grand Conseil a refusé hier de prendre acte (59 voix contre 42 et 17 abstentions) de la réponse du Conseil d'Etat à la commission de gestion sur l'avenir de cet hôpital. Le ministre de la Santé devra donc revoir sa copie.
Fermeture annoncée
A la fin 2005, les services de maternité et de pédiatrie de l'hôpital de Saint-Loup ont été fermés, et leurs activités transférées à l'hôpital d'Yverdon. Une démarche qui s'inscrivait dans la nouvelle planification hospitalière lancée par le prédécesseur de Pierre-Yves Maillard, le libéral Charles-Louis Rochat. Le gouvernement prévoyait alors que le site de Saint-Loup disparaîtrait définitivement en 2008. Mais aujourd'hui, la réorganisation est encore dans les limbes.
«Il y a 32 ans déjà, on ne savait pas quoi faire de Saint-Loup, a lancé le vice-président de la commission de gestion, le libéral Philippe Vuillemin. Pourquoi des conseillers d'Etat de partis différents n'ont-ils pas pu, su ou voulu prendre des décisions? J'espère que M. Maillard ne sera pas atteint par la même malédiction de Saint-Loup».
Dans son dernier rapport sur la politique sanitaire, le Conseil d'Etat réaffirmait sa volonté de regrouper les unités de soins aigus à Yverdon. Avant de se lancer, Pierre-Yves Maillard veut toutefois évaluer les effets de cette restructuration, tant sur la qualité des soins que d'un point de vue financier. «Les économies attendues de la concentration des services mère-enfant à Yverdon n'ont pas été réalisées», a averti le socialiste. Le ministre a aussi souligné que l'hôpital de Saint-Loup permettait, dans les périodes de grosse affluence, de désengorger le CHUV.
«Cela n'a que trop duré»
Mais pour la commission de gestion, l'heure n'est plus aux tergiversations. Le gouvernement doit rapidement prendre une décision, dans un sens ou dans l'autre. Or, dans sa réponse, le Conseil d'Etat se limite à formuler des hypothèses. Il envisage par exemple d'affecter l'hôpital à la formation postgrade en médecine générale. Une nouvelle filière destinée aux jeunes médecins assistants est en projet dans le Nord vaudois, et le site de Saint-Loup pourrait être l'une des pièces du puzzle. «La réponse du Conseil d'Etat laisse supposer que le dossier n'a pas avancé d'un millimètre depuis février 2007, a critiqué le commissaire popiste à la gestion Denis Bouvier. La situation n'a que trop duré.»
Plusieurs députés socialistes ont tenté de voler au secours de Pierre-Yves Maillard. Mais le ministre s'est tout de même attiré les critiques d'un des siens lorsqu'il a affirmé que la priorité du Conseil d'Etat allait à la création d'un hôpital unique Riviera-Chablais. «Cela m'inquiète, a réagi le socialiste d'Yverdon Olivier Kernen. Il ne faut pas repousser la planification de Saint-Loup aux calendes grecques». I





