MLR
Par la diversité de ses paysages et de son climat, la Suisse se profile comme un immense studio à ciel ouvert. Le pays accueille régulièrement des équipes de tournage européennes par le jeu des accords de coproduction, américaines quand le scénario l'exige, ou indiennes car les Alpes évoquent les contreforts de l'Himalaya. Les stars de Bollywood dansent sur nos cimes, Clint Eastwood a gravi l'Eiger et James Bond a traqué le no. 1 du Spectre jusqu'au sommet du Schilthorn...
L'OEIL DU CYCLONE
Si la Suisse est plus prisée pour ses montagnes que ses centres urbains, Genève fait toutefois exception parce qu'elle jouit d'une réputation internationale. «Vu de l'étranger, c'est la ville des institutions internationales; mais aussi une place financière opaque ou l'arrière-garde d'espions de tous bords. Il y a encore le CERN, où a été tourné Anges et démons (2009) de Ron Howard, d'après le roman de Dan Brown», explique le producteur Heinz Dill. Responsable romand de Film Location Switzerland, la «commission du film» helvétique, ce dernier renseigne sur les lieux et les conditions de tournage, tout en s'efforçant de promouvoir les opportunités offertes par le pays.
Genève serait ainsi très film friendly (autorisations gratuites, coopération de la Ville et de l'aéroport, etc.), bien que les fictions qui s'y tournent – thrillers politico-économiques et autres films d'espionnage dans la veine de Syriana (2004) – n'en donnent pas une image très positive. «Les univers urbains sont souvent des mondes d'ombres», concède Heinz Dill. Mais Genève a aussi su garder intact le quartier de la Vieille-Ville. Une aubaine pour les films historiques. Les décors genevois demeurent toutefois sous-exploités car, lorsqu'il s'agit d'attirer les tournages, la concurrence est rude entre les villes. MLR