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Nouvel aveu patronal

Paru le Mardi 11 Mai 2010
   MICHEL SCHWERI    

Suisse Le patronat helvétique vient de (re)dévoiler sa nature à l'issue de la consultation sur un contrat type de travail fédéral pour les employés de maison. Il refuse en effet de réglementer les salaires minimaux de quelque 100000 travailleuses-eurs domestiques occupés dans les ménages privés, là où la défense collective et l'organisation syndicale sont quasi impossibles, là où l'arbitraire peut régner en maître quant aux conditions de travail. Les montants mis en consultation vont de 18,90 francs de l'heure (plus vacances et jours fériés) pour les employés non qualifiés à 22,90 francs pour les salariés formés. Des revenus pas mirobolants donc, inférieurs à 4000 francs par mois pour un plein temps.
Cette bonté fédérale en faveur des petites mains des ménages privés ne tombe pas du ciel. Elle concrétise l'engagement des autorités formulé avant le vote sur la confirmation de la libre circulation des personnes. Pour calmer les craintes syndicales envers les risques de l'ouverture des frontières, un renforcement des mesures d'accompagnement avait alors été promis, pour limiter l'éventuelle pression sur les salaires indigènes provoquée par une venue massive de travailleurs des pays communautaires. Une étude commandée par la Confédération à l'université de Genève avait d'ailleurs déjà mis en exergue une «nette sous-enchère salariale» dans le secteur en question. Mais le patronat n'a aucune vergogne à retourner sa veste quand cela l'arrange. Tant l'Union suisse des arts et métiers que le Centre patronal ont ainsi fait part hier de leur refus «ferme» et «catégorique» des dispositions proposées. Quand bien même les associations d'employeurs agitaient –avant la votation du 8 février 2009– les futures mesures d'accompagnement pour faire admettre la libre circulation à leurs potentiels adversaires syndicaux. Selon ces officines patronales, les salaires proposés sont «nettement trop élevés» et pas assez adaptés aux conditions usuelles des régions et localités. Edicter de tels salaires minimaux créerait un «dangereux précédent». Aujourd'hui que le masque est tombé, on peut tirer le bilan des votations et des promesses sur la libre circulation et ses mesures d'accompagnement contre la sous-enchère salariale. Les franges dures du patronat et de la droite parlementaire s'opposent désormais à ce contrat type. De même, la convention collective censée couvrir les travailleurs intérimaires –également brandie en son temps comme «appât» face aux syndicats– demeure bloquée par le refus des employeurs de ce secteur d'aligner les conditions de travail sur celles applicables aux employés fixes. La réalité apparaît crûment: la sous-enchère salariale reste bien le but du patronat, puisqu'il refuse toute mesure propre à l'endiguer. La gauche doit accepter la leçon et durcir non seulement le ton mais aussi les actions pour arracher les mesures d'accompagnement gelées par le patronat. Car le seul progrès vraiment obtenu par les syndicats dans ce combat a été la reconduction de la convention collective du bâtiment. Mais pour cela, des milliers de maçons ont débrayé, ont fait grève ou ont manifesté aux quatre coins de la Suisse.



Commentaires

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Re: Nouvel aveu patronal


par Brat Actif 11 Mai 2010 - 08:54
(Profil Membre 
C'est ridicule de parler de "dévoiler sa nature" et même "re" en évoquant le patronat.
Presque cent ans après Marx, on en est encore là, c'est incroyable!!!
Il fallait le prévoir, donc ce sont plutôt les syndicats, et la gauche, et au passage ce journal, qui méritent le bonnet d'âne.
Ils croient tous les mensonges venant du patronat, tant que ça colle avec un certain sentimentalisme et idée d'ouverture, oubliant allègrement au passage qu'en ouvrant ainsi grand les frontières sans avoir réglementé au préalable ils ne font que produire plus de précarité et bénéficier les patrons.
Sur cette loi sur la libre circulation, le plus grand allié des libéraux radicaux était le PS, je crois que c'est tout dire.
Les gens de gauche se sont laissés convaincre par ce discours là, mais j'ai du mal à croire que les syndicats et une certaine gauche n'aient pas été conscients du problème, c'était trop criant.
Il y a du y avoir du bizness sou la table, c'est sur.
Ou alors le calcul était: créons plus de précarité, comme ça peut-être aurons nous plus de voix, car il faudra plus de social.
Ou bien alors: nous allons ainsi favoriser la poussée du racisme, et ainsi garantir notre existence médiatique, puisque nous n'existons qu'en attaquant l'UDC et consorts.
Quand aux libéraux radicaux, qui devraient être nos ennemis jurés et qui sont les vrais responsables par leurs politiques de l'existence de l'UDC, ce sont nos allies.



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