RACHAD ARMANIOS, APIC
PLACE DES FEMMES - Le dialogue entre l'Eglise orthodoxe de Russie et l'Eglise évangélique d'Allemagne est menacé après l'élection, qui est une première, d'une femme à la tête des réformés allemands.
L'élection d'une femme à la tête des Eglises protestantes d'Allemagne menace les relations avec l'Eglise orthodoxe russe. Telle est la mise en garde de l'archevêque Hilarion de Volokolamsk, chef du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou.
Il a déclaré que les liens avec l'Eglise évangélique d'Allemagne (EKD) sont mis en péril par l'élection de la luthérienne Margot Kässmann, évêque de l'Eglise du Hanovre, en tant que présidente du Conseil de l'EKD. Il a indiqué le 11 novembre que le 50e anniversaire du dialogue entre les deux Eglises, qui doit avoir lieu en novembre, pourrait marquer la fin des relations.
«L'une des raisons, c'est qu'une femme est désormais à la tête de cette Eglise», a dit l'archevêque. Selon lui, l'élection de Margot Kässmann soulève un certain nombre d'interrogations pour l'Eglise orthodoxe russe et entraîne un réexamen des relations interchrétiennes, «lié aux processus en cours, en particulier dans les Eglises protestantes».
L'archevêque russe a déclaré: «Nous ne reconnaissons pas l'ordination des femmes; nous ne reconnaissons pas les femmes évêques, mais nous étions prêts à poursuivre le dialogue, en dépit de la vague d'ordinations de femmes de ces dernières années dans l'Eglise luthérienne.»
Une question de protocole?
«Toutefois, lorsqu'une femme arrive à la tête d'une Eglise, cela entraîne des questions de protocole», a expliqué Hilarion. «Comment le patriarche s'adressera-t-il à elle et comment va-t-il la rencontrer?»
L'EKD a réagi avec «incompréhension» à l'intention déclarée de l'Eglise russe de suspendre les relations avec elle pour les raisons évoquées, selon l'agence de presse protestante allemande epd.
L'évêque Kässmann et l'évêque Martin Schindehütte, qui dirige le Département des relations étrangères de l'EKD, ont fait part de ces préoccupations au patriarche Kirill Ier de l'Eglise orthodoxe russe dans une lettre publiée le 13 novembre par l'EKD à Hanovre.
La lettre faisait état de «la surprise et l'incompréhension» de l'EKD face aux déclarations «inappropriées» de représentants du Département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou. Par ailleurs, les dirigeants de l'EKD ont affirmé souhaiter poursuivre le dialogue avec l'Eglise russe.
Démenti
L'EKD a indiqué que la réunion prévue le 30 novembre à Berlin pour célébrer les 50 ans du dialogue entre l'EKD et l'Eglise orthodoxe russe n'aurait pas lieu. La raison invoquée est que l'archevêque Hilarion ne prévoit pas de participer à la rencontre.
Après l'annonce par les médias d'une rupture des relations avec l'Eglise protestante allemande, l'Eglise orthodoxe russe a démenti mardi: «Nous allons continuer notre dialogue», a déclaré le chef adjoint de l'Office des Eglises étrangères, Philip Rjabych. Il ne s'agit pas de rupture des relations, mais d'une nouvelle manière de communiquer, a aussi précisé Mgr Hilarion. APIC/RA