Lettre de lecteur    

Lecteurs HUMANITAIRE - Anouar Gharbi, porte-parole de Droit pour tous, réagit à l'article de Sid Ahmed Hammouche: «Fribourg équipe Gaza sans le savoir», paru le 22 octobre dans nos colonnes.
Nous avons pris connaissance de l'article de M. Sid Ahmed Hammouche, publié le 22 octobre dans votre journal, intitulé «Fribourg équipe Gaza sans le savoir». Nous sommes profondément choqués par la présentation des faits tels que rapportés dans cet article. Beaucoup de personnes nous ont fait part de leur stupéfaction et de leur incompréhension. Pour que l'action humanitaire en Suisse puisse demeurer une activité noble et pour que ceux qui s'y engagent généreusement, en y apportant de l'aide, ne soient plus stigmatisés, voire suspectés de crimes, comme cherche à l'insinuer l'article de votre collaborateur, nous vous présentons les éléments de clarification suivants:
1. La bande de Gaza est plongée dans une catastrophe humanitaire, et économique sans précédent, causée par l'occupation israélienne, par ses agressions, par la fermeture de tous les points de passage et par les bombardements intensifs de la population civile qui ont fait plus de 1400 morts et 5000 blessés durant les trois semaines de bombardement de l'hiver dernier.
2. Au mois de septembre 2007, Israël a déclaré la Bande de Gaza «entité ennemie» et depuis cette date, elle a imposé un siège terrible aux 1.5 million d'habitants de Gaza qui sont emprisonnés sur cette bande de terre, sans médicaments, sans travail, sans chauffage, sans électricité, sans eau potable, sans essence, sans livres et sans espoir de recevoir une quelconque aide extérieure.
3. Gaza, comme le reste de la Palestine, est toujours sous occupation israélienne mais l'occupant continue avec l'aide de certains pays de la région de l'assiéger et de punir sa population en la privant de tout, parce qu'elle a voté pour un parti politique qui revendique le droit de résister à l'occupation. La menace d'un ministre israélien de brûler Gaza est presque occultée et ne suscite pas l'indignation attendue.
4. Devant cette actualité indigne d'un monde moderne et civilisé, «Droit pour tous», interpellée par l'ampleur de la catastrophe humaine que subit la population de Gaza en raison d'un embargo total, et s'associant aux efforts de la société civile mondiale pour venir en aide à cette population privée de tous les besoins élémentaires, a lancé en 2008 une campagne de collecte de médicaments dont une grande partie a été acheminée par bateaux et convois terrestres. Nous avons contacté par le biais de nombreux courriers tout le corps médical, que ce soit les hôpitaux, les pharmacies ou encore les médecins. Certaines entreprises se sont jointes à nous et nous ont fourni du matériel médical destiné aux hôpitaux de Gaza.
5. C'est dans la logique de la tradition humanitaire de la Suisse et pour venir en aide à un peuple assiégé depuis 2006, que nous organisons des convois pour Gaza. Notre association a récolté dans toute la Suisse des médicaments et du matériel médical sous la supervision d'un corps médical, et a réussi à acheminer cette aide à Gaza. Plusieurs institutions ont participé à cet effort.
6. Concernant l'hôpital de Fribourg, nos collaborateurs sur place nous ont contactés pour du matériel qui pourrait servir à Gaza. Ce matériel a été acheminé vers les hôpitaux concernés lors du convoi du mois de mai 2009. Il a été d'une grande aide à ce peuple démuni, les informations citées par Sid Ahmed Hammouche sont inexactes.
Enfin, Droit pour tous est une association suisse et genevoise qui a pour objectif de s'attaquer à l'injustice à travers le monde, et ainsi contribuer à l'application du droit international partout. Elle veut lutter contre toutes formes de racisme, d'antisémitisme, d'islamophobie et de discrimination. Nous sommes apolitiques et neutres.
Nous refusons de rester les bras croisés à regarder le lent génocide qui se déroule sous nos yeux. Par conséquent, nous considérons que cet article constitue une légitimation inacceptable des crimes de guerre commis par l'armée israélienne et tend à incriminer une action que nous considérons relever du cadre de la quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre. Ces actions humanitaires visent à briser le silence international au sujet du massacre quotidien des palestiniens et à mettre un terme urgent au massacre du peuple palestinien et au blocus qui le condamne à une mort lente; ainsi qu'à mettre fin à la sanction collective illégale contre la bande de Gaza en appelant à ouvrir les points de passage et assurer le mouvement des personnes et des marchandises à travers Rafah.
Nous demandons aux médias de sortir de leur silence incompréhensible et de servir leur devoir d'informer correctement la population de la réalité des faits dans le respect de la déontologie.
Nous saisissons la présente pour appeler la population à témoigner de la solidarité avec les Palestiniens de Gaza et à attester de la tradition suisse d'aide et de soutien aux gens dans le besoin, par tous les moyens disponibles. Nous ne tarderons pas à informer l'opinion publique sur les résultats de cette action et sur tous les développements de la situation humanitaire sur le terrain.
ANOUAR GHARBI,
Note : pour Droit pour tous, Genève.



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UN DÉSARMEMENT GÉNÉRALISÉ POUR UNE RESOLUTION PACIFIQUE DES CONFLITS

   Lettre de lecteur    

INITIATIVE DU GSSA A l'occasion du scrutin du 29 novembre prochain, Georges Tafelmacher propose une réflexion sur la fascination qu'exercent les armes dans les mentalités.
D'aucuns croient avoir des valeurs mais lorsqu'il s'agit d'armes, ces valeurs semblent être celles de la guerre, du combat, du rapport de forces, de l'argent et toutes les justifications, même mercantiles et industrielles, sont utilisées pour nous les faire accepter. Il est temps maintenant de nous mettre à réfléchir sur l'importance qu'ont pris les armes dans le monde, car ce sempiternel refrain sur ces armes si utiles, censées nous défendre contre les aléas de l'existence, commence à bien faire. Il ne se passe pas un jour sans que nous puissions constater que les armes ne peuvent en aucun cas résoudre les problèmes qui taraudent l'humanité depuis son commencement. Bien au contraire, chaque fois que les politiciens ont permis aux armes de parler, les conséquences pour les populations ont été effrayantes de destruction. Ces discours d'un autre âge sonnent faux dans le contexte actuel où nous cherchons d'autres façons humanistes et pacifiques de «vivre ensemble» et de résoudre nos problèmes humains. La seule chose qui nous est proposée est une escalade vertigineuse dans les moyens de destruction, ce qui équivaut de nos jours à un suicide collectif. Ces propensions guerrières ne sont pas dignes de l'intelligence humaine et ces arguments spécieux, dont le résultat a été ni plus ni moins des guerres mondiales effroyables, n'ont rien résolu parce que le bilan final des interventions armées est toujours négatif !
Depuis l'apparition des hommes, la vie a été assujettie au pouvoir et au bon vouloir des princes, à leurs commandements et à notre obéissance servile. Mais cela n'est plus possible dans le contexte actuel car la puissance de feu entre les mains d'une nomenclature élitaire de possédants nous promet une dictature effroyable qu'aucune démocratie ne peut modérer, ni assouplir. De concentrer cette puissance de feu dans le sein d'une corporation dont le mandat est d'infliger la mort et de résoudre les conflits par la confrontation guerrière, et dont les missions sont la destruction des autres, l'occupation des territoires hostiles, la soumission des peuples qui ne pensent pas comme nous, la pacification par les armes, le maintien forcé de la paix selon un ordre social prédéterminé, la sécurité par la dissuasion, le rapport de forces et la «peur du gendarme», est le plus sûr moyen d'assurer la destruction de la vie sur cette terre.
La vie ne peut plus être assujettie au «commander et obéir» car elle est d'abord celle de la vie civile dans des contextes d'entraide, de travaux communautaires, de participation citoyenne, de service civil, de résolution pacifique des conflits, de médiation sociale où les jeunes apprennent à vivre ensemble dans des projets de société constructifs, où les talents des uns servent à l'avancement des autres, où les engagements de tous permettent de contrer nos tendances autodestructrices et transformer nos envies de domination et de meurtre en forces de construction sociale propre à mener chacun vers un avenir possible et tenable. La vie est l'apprentissage du vivre en commun, la construction de sa personne et de son identité, le respect des autres, le travail en commun, l'établissement d'une société où chacun a sa place, sa mission, ses envies et ses accomplissements... et bien d'autres choses encore que l'on n'apprendra jamais à l'armée!
Le but de l'initiative «pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre» est, en son article premier, d'instaurer une paix entre les gens et les peuples en les poussant à une réflexion salutaire. En effet, on ne parle jamais autant du sens de l'arme elle-même dans les milieux de l'armée que lors des consultations populaires initiées par le GSsA qui se bat sans retenue depuis 1982 pour faire échouer la mainmise de l'armée sur nous et effriter l'importance qu'elle a prise dans la société.
Le GSsA peine encore à «convaincre» les gens et cela est dû surtout au fait que notre brave peuple a été préalablement instruit de façon forcée à la guerre au nom d'une réalité basée sur la domination et la violence. Il faut aussi prendre en compte le pouvoir que la fascination des armes exerce sur la mentalité des gens ainsi que notre subordination à la puissance de feu et l'excitation que nous éprouvons lorsque la poudre parle. Convaincre quelqu'un de se sortir de cette dépendance relève de la mission impossible et il faudra des générations pour s'en départir et accéder à des sentiments plus nobles, élevés et humains. C'est pourquoi il faut commencer sans plus tarder à travailler à un concept de vie où les armes et l'armée n'auront plus aucune importance, soit dans un premier temps accepter l'initiative pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre!
De toute façon, nous n'avons plus le choix: soit nous continuons l'escalade guerrière, auquel cas nous risquons une extermination qu'aucune armée ne pourra «prévenir», soit nous menons dès à présent une réflexion qui aboutira à l'instauration d'une vie plus pacifique, holistique et humaniste et donc à un désarmement généralisé. C'est la seule façon d'assurer une bonne protection non seulement de notre pays mais du monde entier. Car la logique de la défense du pays par les armes aboutit à la guerre totale comme le montrent les exemples trop nombreux dans notre monde troublé!
GEORGES TAFELMACHER,
Note : GSsA/Vd, Pully



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NE PAS OUBLIER LES ÉCRIVAINS ET JOURNALISTES PERSECUTÉS, EMPRISONNÉS ET ASSASSINÉS

   Lettre de lecteur    

LIBERTÉ D'EXPRESSION Nguyên Hoàng Bao Viêt, membre de l'association mondiale d'écrivains PEN, dénonce les mauvais traitements infligés aux journalistes dissidents au Vietnam.
Le 15 novembre 2009 aura lieu la 29e Journée pour la défense des écrivains persécutés et emprisonnés. Pendant les douze derniers mois, le Comité des écrivains en prison du PEN international a recensé plus de neuf cents attaques contre des écrivains et journalistes qui ont osé exercer leur droit à la liberté d'expression et d'opinion. La plupart d'entre eux ont été harcelés, arrêtés, torturés ou emprisonnés. Environ deux cents personnes purgent de lourdes peines de prison. Pire encore: une vingtaine d'autres ont été réduits au silence absolu par des assassinats, l'ultime et sinistre forme de censure. En cette journée, nous ne pouvons pas oublier les centaines de victimes de ces exactions. En octobre dernier, le 75e Congrès mondial du PEN International qui se tenait à Linz, en Autriche, avait adopté des résolutions condamnant la répression et les menaces à l'encontre des poètes, romanciers, journalistes, cyberdissidents, avocats, défenseurs des droits de l'homme en Chine, à Cuba, en Erythrée, en Géorgie, en Iran, en Turquie et au Vietnam.
Dans l'Etat communiste vietnamien, plusieurs personnes ont été placées en détention préventive prolongée, souvent au-delà de 12 mois, ou internées durant de longues années dans des camps de travaux forcés au terme de procès staliniens. Leur crime: avoir exprimé leur dissidence, écrit en ligne sur la corruption et les atteintes aux droits de l'homme. Les conditions de leur détention sont inhumaines. Mal nourris et privés de soins médicaux et d'hygiène, certains prisonniers d'opinion, les femmes notamment, ont été torturés ou agressés et humiliés par des internés de droit commun.
Un exemple parmi tant d'autres: le 8 octobre dernier, la poète, écrivain et ancienne prisonnière d'opinion Trân Khai Thanh Thuy, a été arrêtée après que des agents de sécurité en civil sont venus à son domicile pour la harceler elle, son époux et leur fille de 13 ans. Elle a été frappée par ses agresseurs avec des briques et il est à craindre qu'elle ne souffre d'un traumatisme crânien. Les médias officiels ont rapporté que Trân Khai Thanh Thuy et son époux ont frappé et blessé un autre homme. Elle seule a été inculpée pour coups et blessures et reste en détention préventive d'une durée indéterminée, ce qui l'empêchera de recevoir les soins médicaux nécessaires pour le diabète, les maladies cardiovasculaires et l'hypotension. Pour rappel, Trân Khai Thanh Thuy était atteinte d'une tuberculose avancée à peine guérie.
Comme le journaliste Taoufik Ben Brik interpellé récemment en Tunisie, la cyberdissidente a été victime d'une provocation organisée, un coup monté de toutes pièces. La sécurité a publié une photo montrant un homme blessé. En fait, les blogueurs vietnamiens ont découvert que cette photo a été prise le 28 février 2005 et non pas le 9 octobre 2009.
NGUYÊN HOÀNG BAO VIÊT, membre du centre PEN Suisse romand, du Centre des écrivains vietnamiens en exil CEVEX et du PEN Club vietnamien en Europe
Note : membre du centre PEN Suisse romand, du Centre des écrivains vietnamiens en exil CEVEX et du PEN Club vietnamien en Europe



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Equiper des hôpitaux à Gaza n'équivaut pas à soutenir le Hamas | S'identifier ou créer un nouveau compte | 0 Commentaires
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