roderic mounir
Les hommages se multiplient sur la Toile après l'annonce du décès de Francis Muguet, terrassé le 14 octobre dernier, dans son domicile parisien, par une crise cardiaque, à l'âge de 55 ans. Docteur en sciences de l'Université de Texas Tech, ce spécialiste des technologies de l'information défendait inlassablement la vision d'un Internet ouvert et démocratique, au service des citoyens et non des puissances privées. Le Courrier l'avait interviewé en mai dernier au sujet du «mécénat global», modèle de rétribution mutualisée de la création sur Internet – en opposition à la loi Hadopi récemment adoptée en France, qui réprimera sévèrement l'échange de fichiers.
Pour mettre au point son modèle, Francis Muguet s'était associé au pionnier des logiciels libres Richard Stallman, que Le Courrier a également rencontré il y a peu (lire notre édition du 7 septembre dernier). Le mois dernier, Francis Muguet participait à la fondation de la SARD, Société d'acceptation et de répartition des dons, inspirée des principes du mécénat global. Egalement très actif au sein du Sommet mondial pour la société de l'information (SMSI) et dans le Réseau mondial pour la diversité linguistique (Maaya), Francis Muguet était chercheur associé à l'Université de Genève.
Philippe Aigrain, le cofondateur du site la Quadrature du Net qui a vivement combattu la loi Hadopi, a salué en Francis Muguet un «innovateur passionné et un ingénieur social». RODERIC MOUNIR/KEYSONE