RODERIC MOUNIR
WORLD TRADE CENTER - La version officielle est dans le collimateur de l'architecte Richard Gage, qui donnait une conférence mardi à Genève.
«Faites un don! Signez la pétition! Achetez le DVD! Aidez-nous à faire connaître la vérité!» Mardi soir à Uni-Dufour, Richard Gage avait des accents de gourou et de VRP de choc. Sauf que l'homme est un éminent architecte étasunien, fer de lance de la contestation de la version officielle sur les attentats du World Trade Center.
Fondateur de l'association Architectes&ingénieurs pour la vérité sur le 11 septembre, dont une pétition réclame la réouverture de l'enquête, celui qui confesse avoir longtemps voté républicain, avant d'être «retourné» par les mensonges de l'administration Bush, enchaîne les conférences aux Etats-Unis, au Canada, et ces jours-ci en Europe. A Genève, il était l'invité d'un comité romand baptisé «Le 11 septembre en question» (notre édition du 15 septembre dernier).
Les deux cents curieux venus écouter l'exposé ont dû s'accrocher durant trois heures d'une démonstration fonctionnant par accumulation – une présentation PowerPoint bourrée de graphiques et d'équations moléculaires[1].
«Aberration flagrante»
L'hypothèse tient cependant en deux mots: démolition contrôlée. Plus de cinq cent vingt architectes, ingénieurs et physiciens soutiennent que l'effondrement «en chute libre» du World Trade Center n'a pu être causé par la seule combustion – les avions n'ayant eu qu'un impact «marginal» sur la structure des tours. Conçu pour résister au feu et constitué de dizaines de milliers de tonnes d'acier et de béton, un gratte-ciel, explique Richard Gage, peut brûler longtemps sans céder – et de citer en exemple l'Empire State Building, percuté en 1945 par un B-25, ou le Windsor Building de Madrid, resté debout après vingt-quatre heures d'incendie en 2005.
L'aberration serait encore plus flagrante dans le cas du building No7 – siège des services secrets fédéraux, de la surveillance des opérations boursières et du bureau de gestion des situations d'urgence du maire Giuliani. Sept heures après les tours jumelles, le building de quarante-sept étages s'est écroulé comme un château de cartes, alors qu'il n'avait été touché par aucun avion. Pour de nombreux spécialistes, tel le Suisse Hugo Bachmann, professeur de statique et de construction à l'EPF de Zurich, voilà un cas manifeste de démolition contrôlée, tel qu'elle se pratique sur les immeubles qu'on veut raser.
Al-Qaïda «hors sujet»
A l'appui de cette thèse, ces mystérieuses explosions visibles sur des vidéos qui circulent sur Youtube, sur les sites conspirationnistes et dans des documentaires comme «Loose Change» (l'un des plus regardés sur le web). Les fondations auraient-elles été purement et simplement dynamitées? Il y a aussi ces composants chimiques relevés sur Ground Zero, dont l'origine n'est pas établie - pas même par les rapports des agences gouvernementales (FEMA, NIST). Notamment la thermate, mélange d'oxyde de fer, d'aluminium et de soufre capable de faire fondre l'acier à très haute température (2500oC). La thermate est notamment utilisée par l'armée.
Se pose alors la question: «Qui?» Lors de la foire aux questions, Richard Gage évite prudemment ce terrain-là: «Nous nous contentons de preuves scientifiques. Se prononcer sur les responsabilités nous ôterait toute crédibilité.» Le Pentagone et son «avion fantôme» ne sont pas abordés, car «il y a trop d'avis divergents sur ce cas». «Ce qui est sûr, affirme l'architecte, c'est qu'Al-Qaïda est hors sujet. La thermate ne se fabrique pas dans les cavernes d'Afghanistan!» Et Gage de renvoyer à des auteurs controversés comme David Ray Griffin, partisan de la thèse du complot intérieur[2]. «Obama n'y changera rien, seule la pression populaire peut faire rouvrir l'enquête bâclée sur le 11-Septembre.»
Note : [1]Prochainement consultable en français sur www.reopen911.info
[2]David Ray Griffin, «Le Nouveau Pearl Harbor», éditions Demi-Lune, 2006.