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AU GUJARAT, LE PLUS GRAND GHETTO MUSULMAN D'INDE

Paru le Mercredi 26 Mars 2008
   BORIS MABILLARD, DU GUJARAT (INDE)    

International REPORTAGE - Sous la houlette de l'extrémiste hindou Narendra Modi, l'Etat du Gujarat est un véritable enfer pour la minorité musulmane. Tenus à l'écart de la forte croissance économique, les musulmans sont l'objet de toutes les discriminations. Le souvenir des pogroms qui ont éclaté en 2002, où près de 2500 d'entre eux sont morts, est encore vif.
La réélection de Narendra Modi à la tête de l'Etat indien du Gujarat, en décembre dernier, a créé la surprise. Si beaucoup le considèrent comme le champion de la cause hindoue, d'autres en revanche le tiennent pour un dangereux fasciste, dont les discours haineux alimentent les conflits communautaires. Narendra Modidu porte les couleurs du parti extrémiste hindou, le BJP, avec cette troisième et triomphale réélection au poste de ministre en chef du Gujarat, ses ambitions ont encore grandi: il entend désormais jouer un rôle national. Les activistes des droits humains lui reprochent son rôle à la tête du Gujarat lors des émeutes de 2002 qui ont coûté la vie à 2500 personnes, dont une majorité de musulmans. Ils espéraient que ce drame entache sa crédibilité et mette un terme à son ascension politique. Il n'en fut rien et peut-être même cette mauvaise réputation a-t-elle servi Modi dans sa course au pouvoir. L'inquiétude grandit: que deviendront les musulmans du Gujarat?


Croissance à deux chiffres

A la chambre de commerce et d'industrie, le secrétaire général, Urvish M. Khantaria, explique comment le Gujarat a, par des investissements choisis, favorisé la croissance économique. Les chiffres semblent parler d'eux-mêmes. A les lire, le Gujarat pourrait à lui tout seul symboliser la success-story indienne: une croissance à 2 chiffres, plus de 10%, des milliers d'emplois créés, des investissements étrangers, tous les secteurs de l'économie paraissent y trouver leur avantage. C'est cette image d'un petit paradis économique que le gouvernement a su vendre.
Au niveau national d'abord, tous les autres Etats de la fédération indienne lorgnant jalousement sur les succès du Gujarat. A l'extérieur ensuite, le Gujarat ayant promu agressivement, entre autres atouts séduisants, ses infrastructures abondantes et ses «zones économiques spéciales» (SEZ). Ces dernières facilitent l'accès des investisseurs internationaux. A ceux qui ironisent sur les dangers d'un système populiste et qui en appellent aux droits humains, Urvish M. Khantaria oppose une réalité dorée et insiste sur la nécessité de poursuivre les réformes, d'attirer de nouveaux capitaux, afin que la croissance bénéficie à tout le monde. «Notre leader, Modi, pense avant tout aux plus pauvres, c'est pour eux qu'il construit un pays prospère.» A voir.


Chassés et abandonnés

Ahmedabad, la capitale économique du Gujarat, se rengorge d'avoir accueilli le Mahatma Gandhi. Son premier ashram s'y trouve encore et offre une rare oasis de tranquillité au bord du fleuve Sabarmati qui coupe la ville en deux. Sur la rive, les grands hôtels attestent d'un luxe éhonté. Pourtant en contrebas, les pieds dans l'eau, les bidonvilles s'étalent sur la berge, immenses, immondes, sans eau courante, ni électricité. Des intouchables et des musulmans vivent ici côte à côte, dans un dénuement insalubre. Les fenêtres de l'hôtel Méridien, un cinq étoiles, dominent une forêt de toits en carton et en tôle. A chaque crue, l'eau envahit les maisons et chaque année la même histoire recommence sans que personne ne semble s'en émouvoir. Le contraste est saisissant. Ici, on ne vit pas la même romance économique. Kumar, un père de famille sans emploi se lamente: «Le gouvernement ne fait rien pour nous, on nous chasse d'un endroit à l'autre, et c'est chaque fois pire.»
Le père Cédric Prakash s'occupe depuis plus de vingt ans des démunis. Il combat pour le respect des droits humains et réclame un traitement égal pour tous, la justice et l'équité «sans lesquels il ne peut y avoir de justice sociale.» Selon lui, l'idée que le Gujarat se porte si bien n'est que tissu de mensonges. Non seulement la pauvreté abonde, mais en plus les disparités entre riches et pauvres augmentent. La croissance économique ne concerne qu'une petite partie de la population et est fondée sur la discrimination des plus pauvres: intouchables, populations tribales, chrétiens et, surtout, musulmans. Le mensonge est doublement dangereux: il exagère la prospérité du pays et nie la réalité des discriminations. Pour les musulmans, la situation est dramatique et ne s'améliore pas. Victimes de pogroms en 2002, ils n'ont jamais obtenu justice et redoutent chaque jour que l'horreur puisse recommencer. En outre, au quotidien, ils subissent les pires humiliations. Pour eux, le mirage économique est un enfer, et la réélection de Modi une tragédie incompréhensible.


Haine viscérale

«Ceux qui critiquent feraient mieux de laver devant leur porte, ils se permettent de juger de diffamer, sans connaître le Gujarat. Ici, il y a moins de pauvres qu'ailleurs, la discrimination n'existe pas et les écoles sont excellentes. Ce sont des jaloux et des activistes payés par des groupes occidentaux», tempête Rajju, un militant affilié à l'organisation extrémiste hindoue Vishwa Hindou Parishad.
Sur la principale avenue luxueuse de Ahmedabad, les immeubles poussent comme des champignons. Multiplex à l'architecture moderniste, complexes commerciaux aux enseignes lumineuses gigantesques, magasins de mode où l'on trouve les produits les plus chics. Les boutiques et les restos raffinés se bagarrent une clientèle choisie. Les jeunes élégants dans leurs blousons de cuir font leur shopping en compagnie de belles Indiennes vêtues à la mode occidentale ou en saris bariolés. Où sont les musulmans? «Il y en a», répond un passant. Où? Qui? Impossible d'en trouver un seul. «Ceux qui veulent venir ici sont les bienvenus, mais ils préfèrent rester entre eux, ils ne nous aiment pas, n'aiment pas leur pays, et créent des problèmes», explique Rajesh propriétaire d'un magasin de vêtements. Pas besoin d'insister beaucoup pour connaître le fond de sa pensée: «Je ne les aime pas, je préfère qu'ils ne se mêlent pas à nous, qu'ils nous laissent tranquilles. Franchement, ils représentent une menace pour l'équilibre démographique, et pour la sécurité du pays.»
Le Gujarat compte 54 millions d'habitants et près de 8 millions pour la seule Ahmedabad. Les musulmans ne représentent que 9% de la population, moins que la moyenne nationale de 13%. Moins nombreux qu'ailleurs, ils semblent cependant déranger davantage. Quelle est donc leur faute? Aucune, sinon d'être musulman, dans un Etat où le nationalisme hindou fait florès. Depuis les événements de 2002, la cohabitation entre les deux communautés est devenue plus difficile; dans la vieille ville pourtant, musulmans et hindous semblent vivre en harmonie. En apparence seulement.


Johapura, le «petit Pakistan»

La vieille ville est un chaos d'échoppes et de ruelles où fourmillent les chalands. La plupart des édifices historiques se nichent dans ce dédale, temples et mosquées se partagent les fidèles. Dans ces immeubles délabrés aux cours bruyantes, dans ces venelles écroulées aux arrière-cours pourries d'immondices vivent surtout des musulmans, mais on y trouve aussi des hindous. Un vrai pot pourri, qui pourrait donner l'image d'une coexistence pacifique. Dans son magasin, Abdul vend des chemises, de fabrication indienne et très bon marché: «Ma clientèle est en majorité hindoue, c'est mon business. Je n'entends rien à la politique mais ce qui est bon pour les affaires est bon pour moi.» Ses relations avec les hindous sont courtoises, explique-t-il, mais son voisin, un boutiquier hindou, après quelques propos anodins et bienveillants, laisse sans honte transpirer sa haine: «Ils puent, sont sales, et ne respectent rien, allez seulement voir où ils vivent, un vrai dépotoir!»
Pour s'en moquer, les hindous l'appellent le «petit Pakistan». Johapura est le plus grand quartier musulman. En fait un ghetto où vivent 300 000 personnes, mais aucun hindou. Sophia Khan y a installé son ONG, elle y vit aussi. Avant, elle résidait dans la partie chic de la ville, depuis toujours. «Mes voisins ne savaient pas que j'étais musulmane, lorsqu'ils l'ont appris, ils m'ont demandé de quitter les lieux en expliquant qu'ils n'avaient rien contre moi mais qu'ils ne voulaient pas de musulman dans l'immeuble, simplement. J'aurais pu me battre, contre eux, J'ai décidé de me battre pour ma communauté. En fait à cause de cela, j'ai pris conscience de ma religion, je pensais être une indienne comme une autre, mais leur haine m'a renvoyé à la figure mon identité religieuse.» Elle a aussi déplacé le siège de son ONG à Johapura, mais ses employés hindous ne l'ont pas suivi. «Ils ont peur de se rendre dans ce quartier sur lequel courent les pires rumeurs. En fait, de plus en plus, les deux communautés s'évitent.»


Services publics au rabais

Dans Johapura, les infrastructures ne sont pas les mêmes qu'ailleurs. Le gouvernement n'y maintient pas d'hôpital, pas de poste de police. Il ne s'y trouve pas de cinéma, pas de banque, pas d'espace vert, rien, les routes ne sont pas goudronnées et les ordures pas ramassées. Dans l'une des trois écoles primaires tenues par le gouvernement, un millier d'élèves s'entassent dans des bâtiments décrépis. L'établissement n'offre pas les mêmes conditions d'enseignement qu'ailleurs dans la ville. Ici, les minuscules toilettes sont cadenassées, il n'y a pas d'eau courante et, dans onze des douze classes, les élèves n'ont ni chaises ni bureaux, ils sont assis sur le béton. La maîtresse principale essaye de détourner l'attention et de cacher la réalité: «Les petits n'ont pas besoin de chaises, mais les plus grands en ont, mais vous ne les verrez pas, car ils ne viennent que le matin.» Les bureaux et les chaises sont toutefois invisibles ou extrêmement bien cachés, peut-être dans les wc cadenassés. I



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Les hindous bâtissent un mur

   BORIS MABILLARD    

Depuis 2002, les musulmans se méfient de leurs voisins hindous. Ils vivent dans la crainte, ont quitté leurs maisons pour se regrouper et vivre entre eux comme à Johapura, un ghetto. Kuksana vivait à Naroda en bonne harmonie avec ses voisins hindous, tout a d'un coup basculé, «une foule en colère a débarqué chez nous, je les connaissais, des voisins, et leur ai rappelé nos liens, mais ils ont répondu qu'il n'y avait plus de voisins, il n'y avait plus que des bons hindous et des affreux musulmans. Nous nous sommes réfugiés ailleurs, la peur au ventre. Nous avons porté plainte mais pour d'obscures raisons aucune suite n'y a été donnée. L'Etat nous a versé quelque argent pour nous dédommager et c'est tout. Mais jamais plus je ne retournerai là-bas, mon mari non plus, même si ici nous ramons pour survivre». Les larmes l'empêchent de poursuivre, le souvenir est encore beaucoup trop douloureux.
Les violences ont déplacé des milliers de personnes qui, pour la plupart d'entre eux, n'ont reçu aucune compensation pour la destruction, le vol et le pillage de leurs maisons, ou alors des sommes dérisoires sans rapport avec la valeur réelle de leurs biens immobiliers. Des associations de charité islamistes ont pourvu à l'urgence; elles ont construit des camps qui ne devaient durer que le temps e trouver une solution plus adaptée, mais le provisoire s'est installé dans la durée. Bombay hotel est l'un des pires de ces bidonvilles où ne vivent que des musulmans. En contrebas d'une montagne d'ordures, des minuscules maisons de briques s'entassent les unes sur les autres. Au milieu des détritus, tout le monde toussote; la puanteur des usines et des immondices est insoutenable. Par moments, des nuages noirs étouffent les ruelles, s'abattent sur les toits de tôles. Et à chaque pluie, une partie de la décharge descend sur les habitations, des flaques d'eau jaunâtre font des piscines empoisonnées pour les mômes. Le site est hautement contaminé par les déchets industriels, mais personne ne s'en inquiète, excepté les parents.
A travers l'ONG qu'elle dirige, Safar, Sophia Khan se bat pour que justice soit faite et pour que les musulmans puissent jouir des mêmes droits que les autres citoyens. Malgré la réélection de Modi, et même si souvent elle se heurte à des murs, elle continue à espérer pouvoir réveiller les consciences. Safar regroupe d'autres organismes qui ont tous en commun de travailler pour la paix, les droits de l'homme et la justice sociale. Sophia ne se fait pas d'illusions: «Il nous faudra du temps pour changer les mentalités». D'autant plus que les politiciens se moquent de leurs détracteurs et les accusent de faire de la propagande contre l'Etat.
Pourtant, même un rapport officiel présenté au parlement indien en 2006, le Rapport Sachar, corrobore la vision alarmiste des défenseurs des droits humains. Ses conclusions sont sans appel: dans l'ensemble du pays, les musulmans n'occupent que 4,9% des emplois gouvernementaux alors qu'ils représentent 13% de la population totale; seuls 2,7% sont juges. Et dans le Gujarat, c'est bien pire que dans le reste du pays. En janvier 2008, une étude a montré que le Gujarat est le plus mauvais élève de la classe avec la plus faible redistribution de richesses vers les couches sociales les plus basses. En attendant, les hindous font la sourde oreille aux critiques, à la limite du quartier de Johapura, ils ont entrepris la construction d'un long mur, un nouveau mur de la honte, hérissé de fils barbelés pour se protéger des musulmans. BMD



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Impunité pour les assassins de musulmans

   BORIS MABILLARD    

Le 27 février 2002, cinquante-neuf extrémistes hindous meurent dans l'incendie d'un train dans la gare de Godhra. Les hindous accusent les musulmans d'avoir incendié les wagons. Ces allégations qui n'ont toujours pas été prouvées mettent le feu aux poudres et tout l'Etat du Gujarat s'embrase. Ce sont les pires pogroms antimusulmans que l'Inde a connus depuis son indépendance. La vague de violence commence le 28 et s'amplifie les deux jours qui suivent, sans que les autorités et l'armée ne bougent. Trois jours d'horreur absolue: des crimes d'une atrocité sans pareille sont commis, femmes et enfants égorgés, violés, dans un déferlement de haine. Seuls les musulmans sont visés, par des bandes armées de bâtons et de cocktails Molotov, de barres de fer et de bombonnes de gaz. Après quatre jours, l'armée intervient enfin pour rétablir le calme, mais il est trop tard: les bilans font état de 2500 morts et de milliers de maisons brûlées. Les autorités ont mené une enquête sommaire et ont conclu à une désastreuse mais spontanée irruption de violence, imprévisible. Pourtant les attaques semblaient minutieusement préparées, les armes affûtées, comme s'il s'était agi d'un plan échafaudé de longue date. Des indices convergents montrent la préparation des assassins et la complicité des forces de l'ordre. Durant les trois premiers jours, la police a failli à sa mission et a laissé faire, délibérément. Certains l'accusent d'avoir même prêté main forte aux tortionnaires. Narendra Modi était alors au pouvoir. Il est directement incriminé: soit il savait ce qui allait se passer, soit il a lui-même donné des ordres aux forces de l'ordre pour qu'elles laissent le carnage se faire.
Après six ans, les coupables courent toujours, pire ils ne courent même pas, car ils ne sont aucunement inquiétés par la justice. Sur les centaines de plaintes déposées, seules treize ont été suivies d'inculpations. Deux cas ont été jugés et seul le dernier, en janvier dernier, a été suivi de condamnations. Treize personnes condamnées à la prison à vie pour avoir violé collectivement Biklis Bano et tué 14 membres de sa famille, dont sa fille de trois ans. Le verdict prononcé par une cour de Bombay est salué comme une première en Inde, mais beaucoup regrettent que les policiers inculpés aient été relaxés faute de preuve. Une fois de plus, seuls les membres des castes les plus basses sont condamnés. En revanche, les instigateurs de ces pogroms, ceux qui ont armé et guidé les tueurs, et ceux qui les ont nourri de discours haineux n'encourent aucune sanction. A l'annonce du verdict, Sheeba Georges, activiste qui lutte pour les droits des femmes éprouve des sentiments mêlés: «Tant de victimes, tout ce temps, pour que ne soient condamnés que treize personnes, je redoute que ce ne soit la fin du processus judiciaire.»
Babu Bajranji est l'un des pires tortionnaires des émeutes de 2002. Il a fait un peu de prison, mais grâce à de nombreux appuis a été rapidement libéré: son cas doit encore être jugé. Connu pour ses positions extrémistes, il toujours nié avoir participé au massacre. Mais récemment, un journaliste du magazine hebdomadaire Tehelka, basé à Delhi, l'a piégé dans une interview filmée. Ses propos repris dans la presse ont ravivé les plaies encore béantes. Durant l'interview, Babu Bajranji se vante d'avoir lui-même brûlé vifs des dizaines de musulmans, il donne les détails horribles du carnage.
«Nous avons préféré les brûler vifs parce que ces bâtards disent qu'ils veulent pas être incinérés, ils en ont peur (...) Ils ne devraient pas avoir le droit de se reproduire... Je dis cela même aujourd'hui... Qui que soient ces musulmans, femmes, enfants, qui que ce soit... Il n'y rien à faire avec eux sinon les couper morceaux, les jeter, les frapper et brûler les bâtards.» Aujourd'hui en liberté, Babu, comme il aime qu'on l'appelle parce que cela signifie «mon frère», s'occupe d'une ONG caritative qui vole au secours des femmes hindoues qui ont épousé des musulmans. Il se vante d'avoir enlevé par la force à leurs maris des centaines d'épouses. Surtout, il ne regrette rien. L'impunité qui protège les bouchers de Godhra a un nom: Modi. Il a stoppé la plupart des poursuites à l'encontre des éventuels hauts dignitaires de l'Etat. Expliquant qu'il valait mieux aller de l'avant et pardonner. Mais de quel pardon s'agit-il? De celui qu'offrent les victimes à leurs bourreaux? De celui que les coupables quémandent en suppliant leurs victimes? Non, ironiquement Modi pardonne simplement les victimes. Les atrocités commises n'ont pas modifié ses positions. Il persévère dans son amalgame entre musulmans et terroristes, entretient la peur, attise le conflit interreligieux. Au Gujarat, les autorités ont montré l'exemple, personne, excepté les victimes, ne regrette rien. Aucune honte, aucun remord: certains disent tout haut ce que les autres pensent tout bas, les musulmans avaient besoin d'une leçon, ils l'ont eue. BMD



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