PHILIPPE CHEVALIER
CONSEIL MUNICIPAL - Les conseillers municipaux condamnent à la quasi-unanimité le «contenu haineux» de la dernière affiche électorale de l'UDC.
Le ton a été donné d'emblée par le maire de Genève, Patrice Mugny, arborant sur sa veste un badge figurant un animal laineux portant la légende «Nous ne sommes pas des moutons». Au nom du Conseil administratif, il lira un discours (presque) unanimement applaudi, dans lequel il a déploré la dérive de «ceux qui confondent patriotisme et xénophobie», les enjoignant à «quitter le chemin de la haine pour prendre celui du civisme».
A droite comme à gauche, «le parti de Christoph Blocher a définitivement franchi la ligne rouge». D'où la motion libérale pour que la Ville de Genève condamne publiquement «toute politique fondée sur l'exclusion». Alexis Barbey rappelle que «Genève n'aurait pu être conduite sans l'apport des étrangers». Plus explicite, sa collègue Nathalie Fontanet parle des «relents d'histoire» qu'exhale pour elle la dernière affiche du parti.
Dans les rangs de la gauche, l'indignation n'est pas moins forte. Pierre Rumo fait état des réactions très négatives à l'étranger. Pour son groupe, les amalgames véhiculés par l'UDC contreviennent à la norme pénale antiraciste (article 261 bis du Code pénal). La résolution demande en conséquence que les dernières affiches intitulées «pour plus de sécurité» soient interdites sur l'ensemble du territoire de la Ville de Genève.
AGT ne sera pas suivi sur ce point par les trois partis de l'alternative (radicaux, libéraux, PDC), qui estiment qu'une telle décision revenait au juge.
Au vote, la résolution passera malgré tout la rampe grâce aux voix des Verts. La motion sera, elle, adoptée à l'unanimité moins les voix UDC. Philippe Chevalier