LAURA DROMPT
Promeneurs et cyclistes seront bientôt rois sur la route de Prévessin qui relie le village de Mategnin à la France. Obtenue par Pro natura, la désactivation du chemin s'inscrit dans le développement d'une zone verte transfrontalière, dédiée à l'observation du biotope marécageux. Déposée il y a un an, la demande d'aménagement a été validée le 23 juillet par le Département des constructions et des technologies de l'information. Les travaux pourront commencer dans un mois, à moins d'un recours. La route sera alors transformée en sentier agricole adapté à la ballade et praticable à vélo. Le béton sera maintenu par endroits pour les riverains.
L'idée rejoint par ailleurs les demandes émises depuis dix ans par les acteurs locaux. D'abord par les gardes-frontière, après le décès de l'un des leurs en novembre 1999. Un fourgon venant de France avait renversé le douanier qui tentait de l'intercepter. «Suite aux démarches des gardes-frontière, les habitants de Mategnin ont demandé au politique la fermeture de la route aux voitures», explique Sébastien Miazza, vice-président de Pronatura Genève, qui a en fin de compte repris le dossier.
L'association pour la protection de la nature oeuvre depuis 1928 à la restauration de marécages historiques des deux côtés de la route de Prévessin. La désactivation routière ne perturberait que très modérément le trafic selon une étude commandée par Pro natura en 2007. «La route de Prévessin offre certes un raccourci de 700 mètres aux utilisateurs, mais sur l'ensemble du trajet, le gain est de trois secondes», précise Sébastien Miazza.
L'introduction de la mobilité douce sur cet axe marque la dernière étape de la restauration des marais des Crêts et des Fontaines, longeant la frontière du pays de Gex. Locataire puis propriétaire des lieux, Pro natura a revitalisé deux hectares de zones humides, envahies par la forêt au début du XXe siècle. En 2008, un sentier didactique adapté aux personnes à mobilité réduite a été aménagé.
Aujourd'hui, Sébastien Miazza se réjouit du succès populaire du site. «Entre 300 et 400 utilisateurs profitent des lieux pour la balade ou le jogging le week-end. Ce coeur de verdure constitue un intérêt socioécologique à préserver». Un lieu de détente et de découverte de l'écosystème indispensable dans cette région transfrontalière, qui a séduit tant les autorités genevoises que celles de France voisine. MAGALI FLORIS