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CINÉMA (GENÈVE) Pas de Bach sans Buxtehude

Paru le Jeudi 04 Mars 2010
   RODERIC MOUNIR    

Culture
Largement oublié par la postérité, Dietrich Buxtehude fut pourtant l'un des musiciens et compositeurs allemands les plus respectés au XVIIe siècle. Organiste et administrateur de l'église Sainte-Marie, la plus importante de Lübeck, Buxtehude exerça une influence déterminante sur un certain Jean-Sébastien Bach. C'est cet aspect que développe Bach rencontre Buxtehude, le nouveau film de Daniel Künzi. Le cinéaste nous avait habitué à ses documentaires consacrés aux oubliés de la mémoire officielle helvétique (les combattants en Espagne ou chez Tito, les anarchistes de l'entre-deux-guerres, etc). Cette fois, il délaisse ce terrain pour remonter aux sources des Variations Goldberg, dans un récit narré par la comédienne Marthe Keller et ponctué par Francesco Tristano Schlimé. Ce dernier, jeune virtuose luxembourgeois maintes fois primé, spécialiste de Bach comme des oeuvres pour piano de Luciano Berio et également DJ à ses heures, se taille la part du lion. Nous sommes en 1705. Orphelin et désargenté, le jeune Bach (20 ans) fait quatre cents kilomètres à pied pour débarquer chez Buxtehude, dont il admire l'oeuvre et connaît de réputation les fameuses Abendmusiken (veillées musicales). «Il était plus affamé de musique que de pain», raconte Marthe Keller, qui incarne en off la fille du vieux compositeur de Lübeck. Au final, Bach restera plusieurs mois et se verra d'ailleurs réprimandé par le consistoire d'Arnstadt. D'autant que dernier trouve son style musical changé, et lui reproche de troubler l'assistance avec ses modulations iconoclastes. Voilà pour la thèse d'un «Bach qui ne serait pas Bach sans Buxtehude», ainsi que l'affirme Francesco Tristano Schlimé dans un entretien avec Daniel Künzi. Si le film présente un intérêt relatif sur le plan cinématographique, ses longs intermèdes musicaux devraient ravir les amateurs de Bach... et de Buxtehude! RODERIC MOUNIR
Note : Durée: 63 min. Au Bio de Carouge (GE).



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