MICHAËL RODRIGUEZ    

Vaud VOTATION - Les citoyens de Vevey se prononcent dimanche sur le taux d'imposition communal. La gauche et le centre veulent le statu quo, et la droite une baisse de deux points.
Après la débâcle des élections communales de 2006, la droite veveysane sera-t-elle remise en selle par une bataille fiscale? Dimanche, les citoyens de la cinquième ville du canton se prononceront sur le taux d'imposition communal. Le statu quo voté par le législatif a été attaqué en référendum par les libéraux-radicaux, le PDC et l'UDC. La droite demande de réduire le taux de 77 à 75, contre l'avis de la gauche et de la formation centriste Vevey libre. En tenant compte des effets sur la péréquation intercommunale, il en résulterait un manque à gagner de 2,5 millions environ pour la ville. A noter toutefois qu'un «non» du peuple au taux de 77 ne provoquerait pas un abaissement automatique à 75. Les autorités devraient adopter un nouvel arrêté d'imposition, mais resteraient théoriquement libres d'en fixer le taux.
A une année des prochaines élections communales, la droite veveysane cherche à montrer que les querelles intestines de la campagne de 2006 appartiennent au passé. Les écarts du syndic d'alors, le radical Dominique Rigot, avaient provoqué une brouille entre son parti et les libéraux, les conduisant à faire liste séparée. Les élections tournaient alors à la Bérézina pour la droite, qui perdait la majorité à l'exécutif. Depuis, radicaux et libéraux veveysans se sont rabibochés, et ont même fusionné en novembre dernier.
Dans la brochure officielle distribuée aux citoyens, les référendaires appellent à «rendre aux contribuables la part qui leur revient» après «l'augmentation de 10 points d'impôts consentie en 1999». L'explosion de la dette communale due à la crise économique avait alors poussé la ville à chercher de nouvelles recettes. Mais la hausse du taux d'imposition était de 8 points, et non de 10. «Nous avons fait une erreur, reconnaît le radical Patrick Bertschy. Mais cela ne change rien sur le fond.» Car la situation financière de la ville s'est nettement améliorée. Cela fait près de dix ans que Vevey présente des comptes équilibrés ou excédentaires. De ce constat, les deux camps tirent des conclusions divergentes. La gauche souligne que la baisse d'impôts n'aurait que des effets minimes pour la plupart des ménages. Selon elle, la manne doit aller en priorité au développement des infrastructures de la commune, dont la population a gonflé de plus de 3000 habitants en huit ans. Le syndic de Vevey, le socialiste Laurent Ballif, cite la construction de nouveaux locaux scolaires pour quelque 50 millions de francs, l'achat d'un bâtiment pour y loger les services sociaux ainsi que l'aménagement de la place de la Gare. Baisser les impôts à ce stade, «c'est de la roulette russe», lance le syndic.
La droite critique quant à elle ces investissements tous azimuts, et juge la fiscalité trop lourde. Elle lorgne en direction de Montreux, où le taux d'imposition a été ramené, en 2006, de 75 à 70 par la majorité rose-vert. Toutes les communes voisines ont d'ailleurs un régime fiscal plus favorable. Cette comparaison doit cependant être nuancée. Ancienne ville ouvrière, Vevey n'a pas la même structure de population que ses prospères voisines. Au palmarès des principales villes vaudoises, elle est en outre dans la moyenne: Lausanne, Renens et Yverdon ponctionnent davantage, alors que Morges, Montreux, Pully et Nyon ont la main plus légère. I



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